Société

De la Chine à l’Afrique du Sud, les pérégrinations du cycliste Fengyan Du

Fengyan Du, quelque part en Iran, avant son entrée en Afrique. © DR

Parti de Chine en 2011, Fengyan Du est arrivé en octobre 2013 au Cap, en Afrique du Sud. Un périple initiatique de plus de 35 000 km pour ce jeune informaticien de 27 ans qui a traversé l'Afrique du Nord au Sud à vélo.

La Chinafrique ne se résume pas qu’aux affaires de gros sous, elle peut aussi rimer avec humanisme. C’est ce qu’a prouvé à la force de ses mollets Fengyan Du, un jeune informaticien de 27 ans, qui a réalisé en deux ans un rêve d’enfant : rouler à vélo à travers le continent africain.

Son projet commence en 2009. Fengyan travaille alors à Pékin, et il décide de mettre de l’argent de côté. En deux ans, il parvient à économiser quelque 7 000 dollars. Laissant parents et amis derrière lui, il entame son périple à Nanning (sud-est de la Chine), le 25 août 2011. Depuis, le cycliste a parcouru environ 35 500 km et traversé 22 pays : l’Inde, l’Iran, et puis l’Égypte, le Soudan, l’Éthiopie, la Somalie, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie… Jusqu’à son but, le Cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud, qu’il a atteint le 10 octobre.

C’est une véritable odyssée qui s’achève. Fengyan bien sûr traversé des paysages grandioses et fait des rencontres inoubliables… mais le voyage n’a pas été de tout repos. Le principal danger ? La route elle-même… "On dirait que chaque jour, j’y risque ma vie", dit ce Jack Kerouac asiatique, qui a bien failli finir son voyage dans le décor une bonne dizaine de fois. Mais il n’a été percuté qu’à une seule occasion, au Vietnam, par une moto qui l’a renversé. Heureusement sans le blesser.

Voir le diaporama du voyage de Fengyan Du :

Hyènes, éléphants, voleurs…

Il y a aussi le risque, lorsqu’on campe en pleine nature, de voir sa tente encerclée par des hyènes ou écrasée par des éléphants. Sans parler des problèmes causés par le brigandage. Mais Fengyan Du a pris le partie d’en rire. Les voleurs, il "les fixe intensément droit dans les yeux et effectue un ou deux tours de kung fu [qu’il pratique depuis 2008, NDLR] pour les faire fuir", plaisante-t-il. Et d’ajouter qu’il a eu la chance, toutefois, "de ne pas tomber sur des coupeurs de route professionnels. Ni sur de véritables tueurs…"

Mais ses plus mauvais souvenirs, ce sont ces moments où, face à des personnes dans une extrême pauvreté, il n’a rien pu faire. Ces enfants éthiopiens à qui il ne pouvait donner d’argent car son budget était trop serré, et qui lui ont jeté des pierres par dépit, étaient de ceux-là.

Fengyan Du préfère se souvenir des êtres généreux et courageux qu’il a croisés en chemin.

Mais le jeune homme n’est pas rancunier et ne se focalise pas sur ses mauvaises expériences. Il préfère se souvenir des êtres généreux et courageux qu’il a croisés en chemin. "Les personnes qui travaillent durement pour réaliser leurs rêves sont les plus intéressantes, dit-il. Comme ces enfants du Somaliland qui étudient dans une cabane faite de feuilles de palmes, mais rêvent de se construire une vraie école."

Cliquer sur la carte du trajet de Fengyan Du pour l’agrandir (compte Gmail requis) :

Son aventure, il voudrait désormais la coucher sur le papier, la transmettre. "Le voyage est comme une sorte d’université, riche en enseignements", explique-t-il. Et de philosopher : "On apprend tout, sur la route. (…) Après avoir croisé toutes ces vies différentes, je peux vivre maintenant la vie pleine de sens à laquelle j’aspirais."

Aujourd’hui, Fengyan profite du Cap avant de rejoindre Johannesburg pour prendre, le 23 octobre, son vol-retour pour la Chine. Avec la promesse de revenir un jour en Afrique. Mais il rêve déjà de nouveaux horizons. Un autre tour en vélo… à travers les Amériques, cette fois.

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Par Jean-Marcel Maillard et Elena Blum

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