Société

Équipe de France : le dérapage de trop pour Patrice Evra ?

Le latéral gauche de l’équipe de France de football, Patrice Evra, devra s’expliquer après s’en être violemment pris à quatre journalistes et consultants français, dimanche, dans une interview télévisée.

Par
Mis à jour le 21 octobre 2013 à 15:12

Patrice Evra, le 15 octobre 2013 à Paris. © AFP

Quelle mouche a piqué le latéral gauche de l’équipe de France de football, Patrice Evra ? Dans une interview diffusée, dimanche 20 octobre, sur la chaîne TF1, le joueur né à Dakar s’en est violement pris à quatre journalistes et consultants français, qualifiés de "clochards" et de "parasites", et à qui il reproche de faire de lui le "mal-aimé" des Bleus depuis le désastre du Mondial 2010 en Afrique du Sud.

Ces consultants sont, pour trois d’entre eux, d’anciens internationaux français : Luis Fernandez et Bixente Lizarazu. Le joueur de Manchester united s’en prend également à Pierre Ménès, un journaliste de Canal + connu pour ses sorties peu diplomatiques.

Ils sont notamment accusés de n’avoir rien fait d’autre que "sucer des Chupa Chups et danser la Macarena", de ne faire "que parler", d’avoir refusé de lui serrer la main lors de sa première sélection.

Patrice Evra leur en veut surtout de remettre en cause son niveau : "Tous ceux-là, si tu mets Rama Yade arrière gauche, ils vont dire qu’elle est meilleure qu’Evra", dit-il.  Il leur reproche également de véhiculer l’idée qu’il serait le symbole de Knysna et de sa fameuse grève du bus. "C’est du grand n’importe quoi. Ces personnes-là vont trop loin. Personne ne m’a jamais dit ‘qu’est-ce que vous avez fait à Knysna ?’ Personne", assure-t-il.

"C’est pas ces clochards qui vont salir mon image"

"Les gens ont une bonne image de moi, c’est pas ces clochards qui vont salir mon image. Qu’ils arrêtent de mentir aux Français", poursuit-il, évoquant même des "parasites".

Evra est considéré comme l’un des principaux instigateurs de l’affaire de Knysna, nom donné par les médias français durant la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud à une "grève" d’entraînement de la part des joueurs de l’équipe de France de football durant la compétition. Il avait été sanctionné de cinq matches de suspension.

Sans grande surprise, les quatre mis en cause ont réagi rapidement. Lizarazu a jugé les propos d’Evra "incompréhensibles et consternants". Courbis a lui expliqué qu’il n’était "plus surpris sur ce qu’il s’est passé à Knysna".

Pierre Ménès a réagi sur Twitter. "Quand on est l’homme qui a eu l’idée de la grève à Knysna, on rase les murs et on remercie le ciel d’être encore en sélection", écrit-il entre autres. Fernandez, particulièrement vexé, a rappelé pour sa part son "passé avec l’équipe de France : 3e en Coupe du monde en 1986, vainqueur de l’Euro en 1984".

Cette sortie médiatique pourrait avoir des conséquences sur la carrière internationale du joueur. En début de soirée, la fédération française de football (FFF) a annoncé dans un communiqué qu’Evra était convoqué par son président Noël Le Graët, et par le sélectionneur Didier Deschamps pour "s’expliquer" sur ces déclarations.

(Avec AFP)