Politique

Tunisie : Ennahdha accuse l’opposition de vouloir « détruire » les pourparlers politiques

| Par Jeune Afrique
Rached Ghannouchi (c), leader du parti islamiste au pouvoir Ennahda, le 18 octobre 2013, à Tunis.

Rached Ghannouchi (c), leader du parti islamiste au pouvoir Ennahda, le 18 octobre 2013, à Tunis. © AFP

Noureddine Aarbaoui, un haut responsable du parti islamiste au pouvoir Ennahdha, a accusé l’opposition tunisienne de chercher à « détruire » les négociations politiques devant débuter mercredi.

Les pourpalers politiques entre Ennahdha, le parti islamiste au pouvoir en Tunisie, et l’opposition n’ont pas commencé que le ton monte déjà. Noureddine Aarbaoui, vice-président du bureau politique d’Ennahdha, a déclaré mardi 22 octobre à l’antenne de la radio Shems-FM que l’opposition cherchait à "détruire" les négociations devant débuter le lendemain, mercredi.

"Il y a de la part d’Ennahdha et d’autres partis des préparatifs positifs (en vue du dialogue), et il y a des préparatifs négatifs qui visent à détruire le consensus : ils appellent d’une part au dialogue et d’autre part à la manifestation", a déclaré Nourredine Aarbaoui. "Il faut une démarche claire de dialogue et cela nécessite une trêve politique, sociale et médiatique", a-t-il jugé, appelant le parrain des négociations, le syndicat UGTT, à "soit dénoncer les appels à manifester, soit convaincre les partis (d’opposition) de renoncer" à leur rassemblement.

L’opposition dans la rue

Si le début des négociations est prévu mercredi, ni l’heure ni le lieu de la rencontre n’avaient encore été annoncés mardi midi. De son côté, une coalition d’opposition a déjà appelé ses partisans à manifester mercredi à Tunis pour réclamer que le gouvernement s’engage à démissionner dès le début du "dialogue national". Ces pourparlers, attendus depuis des semaines, visent à sortir le pays de la grave crise politique déclenchée par l’assassinat du député d’opposition Mohamed Brahmi le 25 juillet dernier.

L’opposition, qui avait réuni en août plusieurs dizaines de milliers de personnes, a depuis vu la mobilisation faiblir. Elle espère toutefois que son rassemblement de mercredi après-midi sur l’avenue Habib Bourguiba de Tunis sera un succès. La Ligue de protection de la révolution (LPR), un groupe pro-pouvoir aux méthodes brutales, a pour sa part appelé à une manifestation dès le matin au même endroit.

Doutes sur le succès des négociations

Dans ce contexte, les journaux tunisiens étaient dubitatifs sur les chances de réussite des pourparlers et sur la sincérité des différents partis. Le Quotidien relevait mardi matin que ces dernières semaines avaient été marquées par des "manoeuvres alliant pressions, diversions, double langage, sans parler d’accrochages et d’autres coups bas". "Les Tunisiens veulent avoir affaire à des acteurs politiques sincères, honnêtes, engagés et croyant à leur projet", lançait parallèlement le journal La Presse, appelant l’ensemble de la classe politique à renoncer à "toute tendance à la cachotterie, au double langage ou au maquillage des intentions".

Après un premier lancement avorté le 5 octobre, le "dialogue national" doit débuter mercredi et aboutir en un mois à la mise en place d’un gouvernement de technocrates ainsi qu’à l’adoption d’une Constitution et d’un calendrier électoral.

Si une feuille de route prévoit que ces questions soient traitées en parallèle lors des négociations, Ennahdha a d’ores et déjà indiqué que le gouvernement ne cèderait la place qu’après l’adoption de la Constitution. À l’inverse, l’opposition considère le départ du cabinet comme un préalable.

(Avec AFP)

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