Politique

Tunisie : démission attendue du gouvernement dirigé par Ennahdha

Ali Larayedh, le 7 mars 2013 à Tunis.

Ali Larayedh, le 7 mars 2013 à Tunis. © AFP

La Tunisie était en attente, mardi soir, d’une promesse de démission du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahdha. L’annonce de leur départ du pouvoir doit permettre le lancement d’un « dialogue national » censé résoudre la crise politique paralysant le pays depuis trois mois.

S’il respecte la feuille de route du "dialogue national" censée sortir la Tunisie de la crise politique, le parti islamiste Ennahdha devrait promettre, mercredi 23 octobre, la démission à venir du gouvernement.

Cette feuille de route, rédigée par quatre médiateurs dont le puissant syndicat UGTT, prévoit que le cabinet en place annonce son intention de démissionner au premier jour des négociations – ce mercredi – et qu’un nouveau gouvernement apolitique soit formé dans les trois semaines suivant le début du dialogue. Elle prévoit aussi l’adoption, en un mois, d’une Constitution ainsi que d’un calendrier et d’une législation électorale.

Une déclaration publique du Premier ministre Ali Larayedh est attendue mercredi vers 11h00 locale (10h00 GMT) après un conseil des ministres extraordinaire. "En principe, le gouvernement va annoncer son engagement à respecter la feuille de route (des négociations) et après quelques semaines sa démission", a indiqué mardi soir à la télévision le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar.

Maintenir "la pression" sur Ennahdha

Le début des négociations coïncident avec le deuxième anniversaire de l’élection de l’ANC, qui avait porté les islamistes d’Ennahdha au pouvoir le 23 octobre 2011. Jusqu’à présent, le Premier ministre a promis de quitter ses fonctions une fois la Constitution, attendue depuis deux ans, adoptée. L’opposition fait pour sa part du départ du gouvernement un préalable.

La soixantaine de députés d’opposition boycottant l’ANC depuis le début de la crise politique, déclenchée par l’assassinat de l’opposant Mohamed Brahmi, le 25 juillet, ont indiqué mardi avoir reçu des assurances sur la démission du cabinet. "Le dialogue national va commencer avec un engagement franc du chef de gouvernement en vertu duquel il s’engage à présenter sa démission conformément à la feuille de route et dans les délais qu’elle mentionne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Les opposants, souhaitant maintenir "la pression" sur Ennahdha, ont prévu une manifestation avenue Habib Bourguiba à Tunis, haut lieu de la révolution de 2011, à midi (11h00 GMT), trois heures avant le début des négociations à huis-clos. Dans la matinée, la Ligue de protection de la révolution (LPR), un groupe pro-gouvernemental aux méthodes brutales, a prévu un rassemblement au même endroit.

Tensions

Malgré l’ouverture annoncée du dialogue national, les tensions et la crise provoquées par l’assassinat du député d’opposition Mohamed Brahmi sont loin d’être résolues. Un dirigeant d’Ennahdha, Noureddine Aarbaoui, a ainsi vivement critiqué mardi les appels à manifester de l’opposition, les qualifiant de "préparatifs négatifs qui visent à détruire le consensus".

La tension est encore montée d’un cran la semaine dernière, après que de nouveaux affrontements entre forces de l’ordre et combattants clandestins aient coûté la vie à deux gendarmes et à neuf jihadistes présumés à moins d’une centaine de kilomètres de Tunis.

Ces heurts ont entraîné une fronde au sein de la police, dont des syndicalistes ont chassé vendredi le président Moncef Marzouki et Ali Larayedh de la cérémonie organisée en hommage aux deux agents tués.

(Avec AFP)

 

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