Politique

RDC : reprise des combats dans l’Est sur fond de polémique à Kinshasa

Par
Mis à jour le 25 octobre 2013 à 09:39

Les combats entre les FARDC et les rebelles du M23 ont repris, vendredi, dans le Nord-Kivu. Dans le même temps, à Kinshasa, la mesure de grâce collective signée mercredi par le président Joseph Kabila fait débat.

L’armée congolaise et les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) s’affrontaient, vendredi 25 octobre au matin, à environ 25 kilomètres au nord de la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon une source de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco), le M23 a attaqué les FARDC à Kanyamahoro à 04h45" (02h45 GMT). "Des combats sont en cours. Il ne s’agit pas d’une escarmouche", a précisé cette source.

"Ils nous ont attaqué", a déclaré le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l’armée au Nord-Kivu, indiquant simplement que les combats avaient commencé à 04h00 (02h00 GMT).

À l’opposé, les rebelles affirment que les FARDC ont attaqué leurs positions à 04h00 dans la zone de Kanyamahoro-Kibumba.

Ce sont les premiers affrontements entre les deux camps depuis la suspension, lundi, de leurs pourparlers de paix à Kampala (Ouganda). Dans son discours devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, mercredi 23 octobre, le chef de l’État, Joseph Kabila, avait jugé que ces pourparlers "avaient duré trop longtemps".

"Libérer tous les prisonniers politiques"

Parmi les annonces faites par le président lors de ce même discours, après les concertations nationales, figure une mesure de grâce présidentielle. L’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) a déploré jeudi que cette mesure ne concerne pas la plupart des prisonniers politiques.

En effet, l’ordonnance présidentielle exclut "les personnes condamnées pour trahison, association des malfaiteurs, atteinte à la sûreté intérieure ou extérieure de l’État, détention illégale d’armes de guerre", et autres infractions contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire, écrit cette organisation de défense des droits de l’Homme dans un communiqué.

Or, "la plupart des prisonniers politiques ou d’opinion pour lesquels les ("concertations nationales") avaient demandé la grâce ont été condamnés, individuellement, pour ces faits", ajoute le texte.

Une réalité bien éloignée des propositions des délégués des concertations nationales. L’Ajac demande ainsi au président de faire "libérer tous les prisonniers (condamnés) politiques ou d’opinion au nom de la paix et de la réconciliation nationale".

(Avec AFP)