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Mali : progrès dans l’enquête sur l’assassinat des deux journalistes français à Kidal

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Mis à jour le 6 novembre 2013 à 08:15

L’enquête sur l’assassinat des deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, exécutés le 2 novembre par des inconnus armés à Kidal, progresse. Au moins 35 personnes ont été arrêtées depuis lundi, le quotidien français « Le Monde » indiquant de son côté que trois des quatre auteurs de l’enlèvement ont été identifiés.

Mis à jour à 14h30.

Moins d’une semaine après le meurtre de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de Radio France Internationale (RFI) à Kidal, l’enquête pour retrouver leurs assassins semble en bonne voie.

"Au moins 35 personnes ont été arrêtées depuis (le début des) investigations, nous mettons tout en œuvre pour faire avancer les enquêtes", a affirmé une source sécuritaire malienne. L’information a été confirmée par une source administrative de Kidal, qui a parlé de "quelques dizaines de personnes interpellées sur le territoire malien au cours des dernières 48 heures". "C’est encourageant", a ajouté cette source à Kidal, précisant que "dans la voiture abandonnée non loin du lieu du crime, de précieux numéros de téléphone ont été trouvés, ce qui est un détail important".

La source sécuritaire malienne a pour sa part affirmé que "les preuves s’accumulent". "Nous avons plus que des indices, des sous-traitants (ceux qui enlèvent des otages pour le compte d’un groupe armé, NDLR) actuellement en prison pour une affaire d’enlèvement d’otages français en 2011, ont également permis de prendre de bonnes pistes dans l’enquête", a-t-elle ajouté.

Mercredi matin, en Conseil des ministres, le président français François Hollande a pour sa part affirmé que "les investigations progressent" pour retrouver les meurtriers des deux journaliste de RFI. "Une enquête a été diligentée avec célérité. Des opérations, des fouilles ont déjà eu lieu et les investigations progressent", a déclaré le président de la République, dont les propos ont été rapportés par Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement. François Hollande a de nouveau exprimé "son émotion vive face au double assassinat des journalistes de RFI", soulignant que ce sont "des Français qui ont été tués mais aussi la liberté d’information qui était visée".

Des suspects connus des services de renseignement ?

Le Mali et la France ont promis que tout serait fait pour retrouver les auteurs de l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes à Radio France Internationale (RFI) tués peu après avoir été enlevés à Kidal par un petit groupe d’hommes armés. Des policiers français sont arrivés lundi à Bamako pour participer à l’enquête sur ces assassinats.

Selon le quotidien français Le Monde, qui cite mardi des sources malienne et française, "trois des quatre personnes ayant participé à la prise d’otage (des deux journalistes) ont été identifiées". "Elles ne figurent pas parmi celles arrêtées depuis dimanche. Selon une source locale à Kidal, confirmée par une source gouvernementale française, la mise au jour des profils de ces trois membres du groupe de preneurs d’otage a notamment été rendue possible grâce à un document découvert dans le véhicule trouvé à proximité des cadavres des deux journalistes", ajoute Le Monde.

Le journal précise que "cette pièce a permis d’identifier un premier individu déjà fiché, en 2010, comme un membre d’Aqmi, et de remonter sur deux autres membres du commando. Il est vite apparu que ces trois personnes étaient connues des services de renseignement français en opération au nord du Mali".

150 soldats français en renfort à Kidal

Les corps des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, sont arrivés mardi matin à Paris. François Hollande s’était déplacé à l’aéroport de Roissy pour rencontrer dans la discrétion les familles venues accueillir les cercueils.

Les journalistes sortaient le 2 novembre du domicile d’un représentant local de la rébellion touarègue, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qu’ils venaient d’interviewer, lorsqu’ils ont été enlevés par des agresseurs parlant tamashek, la langue des Touaregs. Leurs cadavres ont été retrouvés moins de deux heures après par une patrouille française partie à leur recherche, à 12 kilomètres de Kidal, à proximité d’une voiture abandonnée.

Pour faire face à l’insécurité dans cette zone de non-droit qu’est la ville de Kidal, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a annoncé lundi qu’"instruction a été donnée que 150 militaires partent du sud du Mali pour se rendre à Kidal". Quelque 200 soldats français étaient déjà stationnés à l’aéroport de la ville, berceau des rebelle touaregs.

Laurent Fabius a toutefois souligné que la décision du président François Hollande de "renforcer" le contingent militaire à Kidal "ne remet pas en cause le calendrier général de présence puis de réduction de présence des forces françaises".

(Avec AFP)