Culture

Kamala Khan, la nouvelle héroïne d’origine pakistanaise et musulmane de Marvel

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Ms Marvel, américaine et musulmane, se bat contre le mal.

Ms Marvel, américaine et musulmane, se bat contre le mal. © Marvel Comics

Marvel Comics, la célèbre maison d’édition de Spider-Man, a annoncé la naissance d’une nouvelle série à paraître en 2014, Kamala Khan. Particularité de cette nouvelle venue dans le monde des super-héros : c’est une femme d’origine pakistanaise et musulmane.

La célèbre maison d’édition américaine Marvel Comics, maison mère de Hulk, Spider-Man et autres X-Men, s’apprête à lancer, au mois de février, une nouvelle série de BD autour d’un nouveau personnage, Kamala Khan. L’annonce aurait pu passer inaperçue, du moins hors des cercles des fans de bandes dessinées, si cette nouvelle venue n’avait pas été une femme d’origine pakistanaise et musulmane. Des ingrédients suffisamment rares dans la BD pour qu’ils soient encore soulignés, y compris dans les colonnes du New-York Times qui consacre un long article sur le sujet dans son édition datée du 6 novembre.

Dans le quotidien américain, l’auteure, Sana Amanat, explique comment est née cette idée au cours d’une conversation avec l’un des rédacteurs en chef de Marvel, Steve Wacker : « Je lui racontais des anecdotes folles de mon enfance, sur le fait de grandir en tant que musulmane américaine. Il a trouvé ça très drôle ». Amanat et Walker ont alors pensé naturellement a confier le projet à G. Willow Wilson, auteure américaine de BD convertie à l’islam, connue et récompensée entre autres pour avoir écrit Cairo, Air, Alif the unseen ou encore pour des épisodes de Superman chez DC Comics.

Cette dernière, qui a immédiatement accepté de participer à l’écriture de la série, explique que l’objectif de ce nouveau Comic n’est pas d’ »évangéliser » le lecteur, mais simplement de décrire un personnage, qui, lorsqu’il n’a pas ses apparats de super-héros, est « en prise avec sa foi », sa famille, ses amis. Et le défi est de taille. Sana Amanat livre en effet quelques détails avec lesquels l’héroïne devra composer : un frère « extrêmement conservateur », une mère « parano » qui craint que sa fille ne tombe enceinte et un père qui rêve de la voir devenir médecin. « Après tous ces challenges à relever, aller chasser les vilains sera un répit », analyse le journaliste du New-York Times.

Universalité et dollars

Alors que l’équipe de Marvel s’attend à des réactions hostiles, aussi bien de la part de musulmans que de gens hostiles aux musulmans, G. Willow Wilson tient à souligner le propos universel de la série : celle de tous les adolescents américains « se sentant isolés et cherchant à trouver qui ils sont. »

Et une fois sorti de ce contexte, dans lequel un musulman peut donc se reconnaître tout autant qu’un athée ou un chrétien, la série s’annonce d’une facture assez classique dans la forme et s’insère dans la longue tradition narrative des comics Marvel. Lorsque Kamala Khan va découvrir son superpouvoir, celui de « changer de forme », elle va ainsi choisir le nom de MS Marvel, auparavant porté par son idole, Carol Danvers, super-héroïne blonde aux yeux bleus néée à la fin des années 60. Une possibilité scénaristique rendue possible depuis 2012, lorsque cette dernière à changer de nom de code pour devenir Captain Marvel.

Une telle percée de la diversité culturelle chez Marvel, et dans l’industrie du « comic book », est rare mais pas exceptionnelle. En 2011 la maison d’édition avait déjà fait grand bruit en annonçant le lancement d’une version alternative de Spider-Man dans laquelle Peter Parker (Spider-Man), éliminé par le Bouffon Vert, était remplacé par Miles Morales, un jeune adolescent métis aux origines latine et africaine. Si, à sa sortie, la série a provoqué une levée de boucliers des fans, qui n’avaient pas saisi le caractère alternatif de la publication, elle a depuis trouvé un public, celui-la même qu’on ne représentait jamais, les Africains-américains.

La maison d’édition a donc bien compris l’intérêt de ce genre d’ouverture éditoriale, car, comme le rappelle Axel Alons, rédacteur en chef de Marvel Entertainment, les fans, au final, « répondent avec leur dollars ».

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Jean-Sébastien Josset

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