Politique

Ouganda : Sultani Makenga et les combattants du M23 ne seront pas remis à la RDC

Sultani Makenga, chef militaire du M23, 23 octobre 2013 à Rumangabo (RDC).

Sultani Makenga, chef militaire du M23, 23 octobre 2013 à Rumangabo (RDC). © REUTEURS

Deux jours après avoir signalé une possible présence en Ouganda de Sultani Makenga, chef militaire du Mouvement du 23-Mars (M23), Kampala a déclaré vendredi que les combattants du M23, réfugiés sur son sol après la débâcle de leur rébellion dans l’est de la RDC, ne seront pas remis aux autorités de Kinshasa avant qu’un accord de paix ne fixe leur sort.

Pour Kampala, la décision est prise. Sultani Makenga, chef militaire du Mouvement du 23-Mars (M23) et certains de ses hommes, refugiés en Ouganda après leur défaite dans l’est de la RDC, ne seront pas remis aux autorités congolaises avant la signature d’un accord de paix entre Kinshasa et la branche politique du M23.

"Ils ne sont pas prisonniers. Ce sont des soldats fuyant la guerre, donc nous les accueillons et les aidons, parce que c’est de notre responsabilité, comme nous l’avons fait pour des soldats de l’armée de RDC plus tôt dans l’année", a déclaré le colonel Paddy Ankunda, porte-parole du ministère ougandais de la Défense et de l’armée ougandaise.

>> Lire aussi : "RDC : Sultani Makenga, chef militaire du M23, serait détenu en Ouganda"

Après la défaite sur le terrain militaire, Bertrand Bisimwa, le chef politique du M23, avait proclamé, le 5 novembre, la "fin immédiate de sa rébellion", et a exprimé sa volonté de parvenir à une solution pacifique avec le gouvernement congolais après vingt mois de crise.

Mais la question de l’amnistie et de l’intégration des anciens combattants du M23 et de leur chef militaire risquent encore de bloquer la signature d’un quelconque accord à Kampala. Sultani Makenga, bientôt âgé de 40 ans, figure sur une liste des sanctions de l’ONU, qui l’accuse d’être responsable de violations graves des droits de l’homme et d’atrocités liées au M23 dans l’est de la RDC : meurtres, viols, enlèvements, recrutement d’enfants, enrôlements forcés… Et Kinshasa refuse d’accorder une amnistie à tous ceux qui sont soupçonnés d’avoir commis des crimes graves.

En attendant, le colonel Paddy Ankunda se refuse toujours de confirmer si Sultani Makenga se trouvait entre les mains de l’armée ougandaise, comme l’avait affirmé la veille un haut responsable militaire ougandais sous le couvert de l’anonymat. "Parmi les 1 500 rebelles en Ouganda, il y a un mélange de soldats et d’officiers et certains de leurs commandants. Je ne peux pas confirmer à l’heure actuelle que Sultani Makenga est parmi eux. Cela a commencé comme une rumeur qui maintenant ne cesse d’enfler", a-t-il déclaré.

"Les autorités ougandaises envisagent de réinstaller ailleurs les rebelles, actuellement cantonnés dans la zone de Mgahinga, dans le département de Kisoro, dans le coin sud-ouest de l’Ouganda, frontalier de la RDC et du Rwanda", a-t-il également indiqué.

(Avec AFP)

 

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