Politique

Centrafrique : au moins un mort à Bangui, le président Djotodia pris à partie

| Écrit par Vincent Duhem
Des éléments de l'ex-Séléka à Bangassou, le 8 octobre.

Des éléments de l'ex-Séléka à Bangassou, le 8 octobre. © AFP

De nouveaux heurts entre des ex-rebelles de la Séléka et les habitants d’un quartier de Bangui ont fait au moins un mort, mercredi. Le président de la transition Michel Djotodia, qui s’est rendu sur place, a été pris à partie par la population.

Depuis plusieurs semaines, les incidents impliquant des éléments de l’ex-rébellion Séléka se multiplient à Bangui de façon inquiétante. Nouvelle illustration ce mercredi 13 novembre à Fatima dans le 6e arrondissement de la capitale. La situation a dégénéré après qu’un élément des forces armées centrafricaines a été enlevé par des anciens rebelles, rapporte l’AFP.

D’après une source policière, "cet enlèvement a conduit les habitants à se soulever et à manifester leur mécontentement par l’érection de barricades" sur la chaussée. Les ex-rebelles ont alors ouvert le feu sur la foule.

"Au moins une personne a été tuée et plusieurs autres blessées par balles", a expliqué cette source, précisant que le calme était revenu en début d’après-midi. Une autre source sécuritaire a fait état de trois morts.

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Des éléments des forces de défense et de la Fomac (la force multinationale d’Afrique centrale) ont été dépêchés sur place, mais ont dû battre en retrait après avoir été pris à partie par les ex-rebelles, a précisé la source. L’information a été démentie par le général Akaga, commandant de la Fomac.

Selon la source policière citée par l’AFP, le président Michel Djotodia, venu lancer des travaux publics à proximité, s’est également rendu sur le lieu des heurts et "a essuyé des jets de pierre des manifestants". Les éléments de l’ex-Séléka sont revenus peu après et "se sont remis à tirer" faisant fuir les habitants, avant de quitter les lieux à leur tour.

Meurtre d’un ancien proche de Bozizé

Plusieurs actes de banditisme armé ont été signalés dans la capitale depuis le début du mois. Dimanche, Tanguy Touaboy, un ex-aide de camp de l’ancien président François Bozizé a été tué par des ex-Séléka dans le quartier Miskine. Son corps sans vie a été retrouvé devant la résidence du président du Conseil national de transition (CNT, organe législatif de transition), Alexandre Ferdinand Nguendet, avant d’être transporté par la suite à la morgue de l’hôpital communautaire de Bangui.

Le même jour, un ressortissant français a été blessé par balle. L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, circulait dans la capitale centrafricaine lorsque deux hommes armés ont tenté de lui voler sa voiture. Le Français, un ancien militaire travaillant pour un programme de l’Union européenne de lutte contre le braconnage, a refusé d’obtempérer. Ses assaillants lui ont alors tiré dessus, le blessant au dos et au thorax.

Aussitôt pris en charge, il a d’abord été médicalisé sur place, puis transféré par l’armée française lundi aux alentours de 15h30, heure française, vers un hôpital en France. Il s’agit du premier Français blessé depuis le renversement du président François Bozizé par la coalition rebelle Séléka, le 24 mars dernier.

Enfin, dans la nuit de lundi à mardi, deux personnes ont été tuées par l’explosion d’une grenade lancée par des ex-rebelles Séléka pour voler des motos.

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Par Vincent Duhem

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