Politique

Togo : incendie des marchés, l’opposition dénonce « une machination politique »

Le marché d'Adawlato ravagé par un incendie, à Lomé, le 12 janvier 2013. © AFP

Les 10 et 11 janvier, les marchés de Lomé et Kara prenaient feu. Plus de dix mois après, les conclusions de l'enquête se font toujours attendre. Mardi, le Collectif Sauvons le Togo (CST), dont plusieurs membres ont été inculpés, a accusé plusieurs personnalités d'avoir organisé ces incendies criminels.

Mise en cause par la justice togolaise dans l’affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé les 10 et 11 janvier, l’opposition rassemblée au sein du Collectif Sauvons le Togo (CST) contre-attaque. Dans un rapport d’une vingtaine de pages rendu public mardi 12 novembre, le CST accuse plusieurs personnalités d’avoir organisé ces incendies et dénonce "une machination politique orchestrée par les hautes autorités togolaises".

Selon ce document, signé par onze responsables du CST dont Jean-Pierre Fabre, Agbéyomé Kodejo et Me Zeus Ajavon, "cette machination visait, d’une part, à récupérer le site du Grand marché de Lomé au profit des instigateurs de son incendie en vue de la réalisation d’une opération immobilière spéculative et à punir mouvement les femmes commerçantes de Lomé pour le soutien qu’elles apportent à l’opposition".

Le CST accuse huit personnes au premier rang desquelles figurent Ingrid Nana Awade et le colonel Felix Abalo Kadanga. La première, directrice générale des impôts (DGI) du Togo et ancienne conseillère financière au cabinet du président, est accusée d’être "le cerveau" de l’opération. Dans quel but ? Permettre la construction d’un "mall", ces grands centres commerciaux qui fleurissent dans les capitales africaines, peut-on lire dans le rapport, sans plus de précision.

"Pas de valeur légale"

Quant au colonel Kandaga, il aurait, toujours selon le CST, dirigé l’opération. Longtemps chef de corps de la Force d’intervention rapide (la FIR), poste qu’il occupait au moment des faits), il est aujourd’hui chef d’état-major de l’armée de terre et n’est autre que le beau-frère du président Faure Gnassingbe. En avril 2009, c’est lui qui avait mené l’opération anti-Kpatcha, du nom de la rocambolesque arrestation du frère du chef de l’État à son domicile au moment où la fratrie Gnassingbé se déchirait. Accusé de de crime de complot contre la sûreté de l’État, Kpatcha a été condamné à 20 ans de prison ferme.

Si les accusations de l’opposition sont assez détaillées – l’opération est racontée presque minute par minute – aucune preuve n’est apportée pour étayer un scénario aux allures de théorie du complot. "Ce document n’a pas de valeur légale. Il est très politique", précise une source diplomatique en poste à Lomé.

Sa publication intervient alors que les conclusions de l’enquête officielle se font attendre. La semaine dernière trois nouvelles personnalités de l’opposition ont été inculpées. Une grande partie de la trentaine de personnes inculpées ont été libérées en juin, mais restent sous la menace des accusations de la justice togolaise.

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Par Vincent Duhem

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