Politique

La RDC prête à signer un « document » avec le M23 à Kampala

Au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, jeudi, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a déclaré que la RDC voudrait voir aboutir dans un « délai raisonnable » les pourparlers de Kampala par la signature d’un « document » avec le M23. Une déclaration qui intervient au lendemain de la scission de l’ex-mouvement rebelle en deux branches distinctes.

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Mis à jour le 14 novembre 2013 à 18:23

Des déplacées rentrent à Kibati, le 4 septembre 2013. © AFP

"Le gouvernement de la RDC réaffirme sa volonté de mener à bon terme les pourparlers de Kampala en procédant à la signature, avec le M23, d’un document permettant de mettre un terme à dix-huit mois de conflit", a déclaré, le 14 novembre, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, lors d’une conférence de presse à Kinshasa.

"Sans être un accord, ce document permettrait juridiquement de donner une force contraignante à la déclaration de renonciation à la rébellion faite par le M23 le 5 novembre dernier et de régler les questions liées au cantonnement, au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion sociale de ses ex-combattants", a explique Lambert Mende.

Pourtant, la branche radicale du M23 tient à l’intitulé de l’"accord" avant de signer le document sanctionnant la fin des pourparlers de Kampala. Mais pour Lambert Mende, "si aucun consensus n’est trouvé dans un délai raisonnable sur un tel document, le gouvernement appliquera lui-même les principales dispositions sur lesquelles les deux parties s’étaient entendues avant le 5 novembre, qui avait marqué la défaite militaire de la rébellion".

Que deviendront les ex-combattants du M23 ?

Concernant la question de la réintégration des ex-combattants du M23 dans l’armée, le porte-parole du gouvernement congolais a rappelé que cela ne se ferait pas "automatiquement" : "On ne peut pas être intégré au sein des forces armées par le fait d’avoir été membre du M23", a-t-il déclaré.

"Néanmoins, a-t-il nuancé, les membres du M23 qui auront bénéficié de l’amnistie individuelle que le gouvernement prévoit d’accorder à ceux qui ne se seraient pas rendus coupables de crimes graves pourront à terme se présenter aux bureaux de recrutement de l’armée, une fois qu’ils auront récupéré leurs droits et qu’ils auront été réinsérés dans la société congolaise".

Un durcissement de la position de Kinshasa qui s’explique par le changement de rapports de force sur le terrain. Après la défaite militaire, des dissensions sont apparues publiquement mercredi à Kampala au sein de l’ex-rébellion. Serge Kambasu Ngeve, membre du bureau politique du M23, a annoncé son intention de "sauver le mouvement", qui, selon lui, "va dans la mauvaise direction" du fait du refus de son président, Bertrand Bisimwa, de signer une déclaration commune sur le modèle de ce que demande Kinshasa.

>> Lire aussi : Après sa défaite militaire, le M23 se scinde en deux branches distinctes.

Pour Kinshasa, la tendance qui a accepté les positions du gouvernement est la plus réaliste. "Maintenant, nous aimerions bien […] qu’une prise de conscience puisse se faire jour [au niveau de la médiation ougandaise] et que l’on se rapproche de la position de ceux qui nous paraissent les plus raisonnables", a conclu Lambert Mende, qui a accusé à plusieurs reprises l’Ouganda de "faire le jeu du M23".

(Avec AFP)