Politique

Nigeria : Boko Haram affirme détenir le prêtre français Georges Vandenbeusch

| Par Jeune Afrique
Le prêtre français Georges Vandenbeusch dans le nord du Cameroun en 2012.

Le prêtre français Georges Vandenbeusch dans le nord du Cameroun en 2012. © AFP

Une source au sein de la secte islamiste nigériane Boko Haram a affirmé, vendredi, détenir le prêtre français Georges Vandenbeusch, enlevé dans la nuit de mercredi à jeudi au nord du Cameroun. Selon elle, le rapt a été mené en coordination avec Ansaru, un autre groupe jihadiste nigérian.

Mis à jour à 15h36.

Une source au sein du groupe islamiste nigérian Boko Haram, citée par l’AFP, a affirmé, vendredi 15 novembre, détenir le prêtre français Georges Vandenbeusch, enlevé dans la nuit de jeudi à vendredi au nord du Cameroun. Selon elle, le kidnapping a été mené en coordination avec Ansaru, une autre organisation islamiste nigériane.

"Je peux vous confirmer que le prêtre français est aux mains des moudjahidines de Jama’atu Ahlis-Sunnah Lidda’awati Wal Jihad [Boko Haram, qui signifie "l’éducation occidentale est un péché" en haoussa], qui a mené l’opération en coordination avec Ansaru", a déclaré cette source. Ansaru est une émanation de Boko Haram et a déjà revendiqué des enlèvements d’étrangers. Ce groupe détient notamment Francis Collomp, ingénieur français à la retraite enlevé dans le nord du Nigeria en décembre 2012.

Selon un officier de la police camerounaise, interrogé plus tôt dans la journée, au Nigeria comme au Cameroun, "il y a des forces de sécurité déployées encore ce matin (vendredi)" pour retrouver les ravisseurs du père Georges Vandenbeusch, enlevé dans la nuit de mercredi à jeudi 14 novembre dans l’extrême-nord du Cameroun par une "dizaine d’hommes lourdement armés".

Alors que le rapt du religieux dans la localité de Nguetchewe (environ 700 km au nord-est de Yaoundé), située à une trentaine de kilomètres de la frontière, n’avait pas encore été revendiqué, le gouvernement camerounais avait déjà mis en cause Boko Haram. Le groupe islamiste nigérian est en autres responsable de l’enlèvement en février d’une famille française – libérée en avril – dans cette même région.

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"Cet acte porte leur signature (de Boko Haram). C’est une forte probabilité mais nos services de renseignements y travaillent pour en avoir le coeur net", avait déclaré le porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma Bakary, ajoutant : "Nous craignons qu’ils (les ravisseurs et leur otage) ne soient déjà hors de notre territoire".

Selon plusieurs témoignages, les ravisseurs et leur otage auraient fui dès jeudi au Nigeria. Des éléments matériels corroborent cette hypothèse.

"Dans la précipitation, les assaillants ont abandonné (sur le sol camerounais) 309 balles de fusil d’assaut Kalachnikov" et les "papiers officiels du prêtre (ont été) retrouvés le long de la route" menant au Nigeria, a rapporté vendredi la radio d’État camerounaise. Une valise vide avec un chéquier au nom du père Georges a également été découverte sur cette même route.

Selon des soeurs présentes dans la paroisse au moment de l’enlèvement, mercredi vers 23H00 (22H00 GMT), les ravisseurs "cherchaient de l’argent". "Ils nous ont demandé de l’argent", a raconté l’une d’elles, soeur Françoise.

Zone dangereuse

Vendredi à la mi-journée, le gouvernement nigérian ne s’était pas exprimé sur cette affaire.

À Paris, la prudence est de mise. "On est en train de préciser les circonstances de son enlèvement, essayer de retrouver qui l’a enlevé et tous les moyens sont déployés pour essayer de le retrouver et de le libérer", a expliqué jeudi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Selon une source policière camerounaise sous couvert d’anonymat, les services de renseignement camerounais soupçonnaient Boko Haram de planifier des "enlèvements d’Européens" dans l’extrême-Nord, sans pouvoir identifier les cibles potentielles des ravisseurs.

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La zone "était formellement déconseillée du fait du risque terroriste et du risque d’enlèvement", selon Paris. "Il lui avait plusieurs fois été précisé que c’était une zone dangereuse" et "on lui avait recommandé expressément de ne pas y rester, mais il avait estimé qu’il devait y rester", a ajouté M. Fabius.

Le rapt du curé est survenu dans la région où sept Français d’une même famille, les Moulin-Fournier (un couple, leur quatre enfants, et le frère du mari), avaient été enlevés en février lors d’une visite au parc naturel de Waza, réputé pour la richesse de sa faune. Ils avaient été libérés fin avril.

Leur rapt avait été revendiqué par Boko Haram, actif dans le nord du Nigeria, une zone troublée depuis plusieurs années par des attentats et des assassinats. Depuis mai, les forces de sécurité nigérianes poursuivent une vaste offensive meurtrière contre les fiefs du groupe dans le nord-est du pays.
Le père Georges s’occupait notamment d’aider les quelque 10 000 réfugiés nigérians ayant fui au Cameroun.

(Avec AFP)

 

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