Politique

Nigeria : comment Francis Collomp a réussi à échapper à Ansaru

| Par Jeune Afrique
Le retour de l’ex-otage Francis Collomp en France, le 18 novembre 2013.

Le retour de l'ex-otage Francis Collomp en France, le 18 novembre 2013. © AFP

Jusqu’ici, les circonstances de l’évasion, samedi, de Francis Collomp étaient confuses. On en sait désormais un peu plus. À en croire une source française proche du dossier, au moment de la fuite, l’ex-otage, détenu près de la ville nigériane de Zaria (Nord), était seul dans sa cellule avec un geôlier qui faisait ses « ablutions ».

« [Francis Collomp] a profité d’une faille du dispositif de surveillance. Il a saisi le moment le plus opportun pendant que le jeune type qui le gardait et qui s’était habitué à lui, faisait ses ablutions dans le cabinet où lui-même procédait habituellement à sa toilette », a expliqué une source française proche du dossier qui s’est entretenue avec Francis Collomp. Il s’agit là des premiers détails précis de l’évasion de l’ex-otage français.

Francis Collomp a alors enfermé le jeune gardien, avant de quitter la maison où il était détenu dans un village et se mettre à courir, poursuit la même source. « Il avait bien préparé son coup et il a été suffisamment malin pour ne pas donner l’éveil », explique-t-elle. Les autres membres du groupe qui le détiennent sont sans doute à proximité mais il ne les croise pas. « Il court quelque 5 km et trouve une moto taxi qui l’emmène dans un poste de police à Zaria », raconte-t-elle.

À Zaria, l’angoisse est toujours au rendez-vous. « Il y avait un pourcentage non négligeable de risques qu’il se fasse rattraper. Quand le commissariat a été mis sous tension, les policiers, en attendant les renforts, s’attendaient à l’arrivée des membres d’Ansaru : ça allait se terminer dans un bain de sang », raconte la source.

Francis Collomb, « hyper combatif »

La source confirme que Francis Collomp, au moment de son évasion, était bien aux mains du groupe islamiste nigérian Ansaru, qui avait revendiqué son enlèvement De Zaria, Francis Collomp est finalement « transféré dans un véhicule sous escorte nigériane » jusqu’à Kaduna (à quelque 300 km au sud de Zaria), zone dans laquelle il était alors en sécurité.

« On a attendu de l’avoir sous notre protection pour prévenir le président [François Hollande] et lui dire que c’était fait », observe la même source. Et l’ex-otage s’est montré « étonnamment alerte, fatigué bien sûr comme quelqu’un qui n’a pas dormi depuis un certain temps, très amaigri mais ayant toute sa tête, tous les bons réflexes, hyper combatif ». « Il est étonnant, c’est un vrai combattant, il ne s’est jamais laissé aller pendant sa détention, il a rempli des cahiers entiers de réflexions sur les éoliennes et autres systèmes d’ingénierie dont il est spécialiste », souligne la source.

(Avec AFP)

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