Sport

Football : avec le « Vagina Stadium », le Qatar est-il féministe malgré lui ?

La représentation du stade d'Al Wakrah, au Qatar, qui sera achevé en 2018. © DR

Le Qatar a-t-il rendu un vibrant hommage à la gente féminine en lui dédiant un des stades prévus pour accueillir la Coupe du monde 2022 ? C'est peu probable. Pourtant, le design de l'enceinte d'Al Wakrah, dont la construction doit être achevée en 2018, n'est pas passé inaperçu. Sur internet, on la surnomme même déjà le "stade du vagin".

Officiellement, l’architecte de la société AECOM et de son groupe associé Zaha Hadid Architects, qui a réalisé les plans du stade d’Al Wakrah, s’est inspiré d’une embarcation traditionnelle, le dhow. Pourtant, depuis sa divulgation sur Internet, le design de l’enceinte a moins étonné les internautes par ses lignes rappelant celles des voiliers arabes sillonnant le Golfe persique, que par sa forme épanouie, évoquant une symbolique plus proche de la fécondité que du voyage – sinon celui des sens…

Mis en ligne le 16 novembre, le clip de présentation du stade a fait le tour du web, rassemblant en trois jours plus de 250 000 vues. Une vidéo qui a d’ores et déjà valu au bâtiment le surnom de "Vagina Stadium" ou "Stade du vagin", alors même que sa construction ne doit s’achever qu’en… 2018. Une comparaison surprenante, bien que non dénuée de fondements quand on visionne les images. Plus médiatisé ces dernières semaines pour le traitement qu’il réserve aux ouvriers de ses chantiers que pour sa propension au féminisme, l’émirat du Golfe a – semble-t-il bien involontairement – apporté une pierre de taille à l’histoire de l’architecture universelle.

Légèreté contre testostérone

Car il rejoint des constructions célèbres et nettement plus phalliques, comme la Tour de Pise, la Tour Eiffel ou Big Ben, note malicieusement une journaliste du quotidien britannique The Guardian. "Après tout, pourquoi on n’aurait pas 45 000 personnes entassées dans un appareil de reproduction féminin ? Ce n’est pas comme si on n’avait jamais connu ça", ajoute-t-elle.

Sans pousser trop loin le commentaire, et sans insulter l’inspiration originelle du stade, on ne peut que saluer ce brin de féminisme qatari. Qui apporte, dans un monde du football si impregné de testostérone, un peu de légèreté bienvenue.

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Par Mathieu OLIVIER

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