Musique

« Du soleil à l’orage » : la tournée africaine de Kouyaté et Neerman

David Neerman (g.) et Lansiné Kouyaté (dr.).

David Neerman (g.) et Lansiné Kouyaté (dr.). © Denis Rouvre

Depuis deux mois, Kouyate et Neerman trimballent leur balafon et vibraphone respectif sur le continent pour une tournée qui prendra fin à Bamako le 29 novembre. Venus pour faire découvrir leurs morceaux pétris d’influences très diverses (musique mandingue, jazz, électro…) au public africain, les deux comparses jouent jeudi à l’Institut Français de Ougadougou où Jeune Afrique les a rencontrés à l’heure du déjeuner. Au menu : riz, sauces, vin blanc et musique métissée.

Tranquillement assis sur la terrasse de l’Institut Français de Ouagadougou, Kouyaté et Neerman ressassent les moments les plus marquants de leur tournée africaine. Depuis le 20 septembre, Lansiné Kouyaté – balafoniste malien, fils de l’immense chanteuse Siramory Diabaté et camarade de scène de Salif Keita pour ne citer que lui – et son comparse Neerman, vibraphoniste français, jouent leur deuxième album, Skyscrapers & Deities, devant le public du continent. D’Asmara à Bamako, en passant par Kampala et Abidjan, ce "Yellow Fever Tour" – le parcours de la tournée correspond à peu près aux principales zones où sévit la fièvre jaune – n’aura pas été de tout repos. Surtout pour Kouyaté, embastillé à Malabo suite aux dénonciations calomnieuses d’une député guinéenne qui n’avait pas apprécié que le musicien lui fasse simplement remarquer qu’elle était assise à sa place dans l’avion. "Je me suis retrouvé enfermé dans une minuscule cellule avec 80 personnes" raconte le malien qui, après une atroce nuit de captivité, a pu recouvrer la liberté grâce à quelques coups de fils passés à l’ambassade de France.

"Venez, on fait un voyage ensemble"

Cet incident mis à part, la tournée a pris des airs de longues vacances au soleil. "On aime sortir de notre hôtel et partir à la rencontre des gens, boire des coups avec eux", insiste Neerman qui voue un culte égal au vin de palme et à la musique mandingue. "Ma première rencontre avec Kouyate, c’était sur le disque de Cheick Tidianne Seck, Sarala (1995) ; je l’écoutais en jouant du vibraphone par-dessus. Peu de temps après, une amie commune nous a présentés et on a décidé de jouer ensemble."

Accompagnés, sur scène, par Antoine Simoni à la contrebasse et David Aknin à la batterie, Kouyate et Neerman ont mis au point un live qui "n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’on peut entendre sur le disque". Plus énergique, l’éthio-jazz instrumental du duo se pare d’une rythmique beaucoup plus dansante lorsqu’il est joué sur scène. On a envie de dire aux gens "venez, on fait un voyage ensemble, et les amener vers des directions qui leur sont parfois tout aussi inconnues que pour nous".

Le titre de l’album – "Grattes ciels et divinités" en français – caractérise les origines antagonistes des deux musiciens. "Lui, il vient du soleil, et moi, de l’orage", poétise Neerman entre deux lampées de vin blanc sec. "En concert, on essaie tout de même de faire une musique métissée et accessible, aussi bien au diplomates en costard assis au fond de la salle qu’aux jeunes adeptes du coupé-décalé ivoirien". 

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– Kouyaté et Neerman : en concert à l’Institut Français de Ouagadougou le jeudi 21 novembre puis à l’Institut Français de Bamako le 29 novembre.

 

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