Politique

La Libye est-elle sur la voie de l’irakisation ?

Mis à jour le 21 novembre 2013 à 09:21

Avec la multiplication des attaques, attentats, vols, règlements de compte et autre violences, la Libye s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’anarchie.

Quand le Premier ministre n’est pas enlevé par des hommes armés, ou le numéro deux des renseignements, voire de simples journalistes ; quand les milices honnies par la population ne se mettent pas à tirer sur la foule, ce sont des militaires et membres des forces de sécurité qui sont quasi-quotidiennement pris pour cible par de violentes attaques. Dernière victime en date, un sous-officier tué par balles dont le corps a été retrouvé mercredi à l’entrée ouest de Syrte.

À Benghazi (est), où les attentats sont fréquents et les violences quotidiennes, c’est un civil qui a été blessé en conduisant une voiture piégée. L’engin explosif était placé sous le véhicule de son frère, un officier de l’armée qui était sans doute la véritable cible de l’attaque. Selon une source de sécurité, un sous-officier des Forces spéciales de l’armée a, lui, été grièvement blessé le même jour par une rafale de mitrailleuse. Enfin, toujours mercredi, des inconnus ont lancé un engin explosif par dessus un pont sur lequel était positionnée une unité des Forces spéciales. L’attentat n’a, cette fois, pas fait de victime.

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Le foyer de la violence

Mais ce n’est pas tout. À Derna, un officier de l’armée a également été blessé par balles en sortant de chez lui. Dans cette ville de de l’Est, des protestataires ont coupé le courant pour dénoncer l’insécurité après l’attaque d’un poste de garde à l’entrée d’une centrale électrique…

Benghazi et la région orientale, berceau de la révolte qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, est la région la plus touchée par les violences. En 2013, on y a recensé 110 personnes directement visées par des attaques et des assassinats. Les victimes sont essentiellement des militaires ou des policiers mais aussi des dignitaires religieux, des politiques et des représentants des médias.

Descente aux enfers

Dans ce climat d’insécurité croissante, le banditisme se développe et les braquages sont fréquents. Fin octobre, des hommes armés avaient attaqué un fourgon de transport de fonds à Syrte, dérobant un butin estimé à plus de 54 millions de dollars, le plus important braquage de l’histoire du pays. Et mardi dernier, selon l’agence libyenne Lana, des hommes armés ont attaqué un fourgon de transport de fonds à Sebha (sud), repartant avec un butin d’environ 1,2 million de dollars.

Un tableau qui n’est pas sans rappeler, toute proportion gardée (et sans parler de conflit confessionnel), la descente aux enfers vécue par l’Irak, où les violences ont fait plus de 1 000 morts en octobre, mois le plus meurtrier depuis 5 ans. La Libye n’en est pas encore là.

(Avec AFP)