Médias

Une journaliste de « ELLE » accusée de racisme après un « blackface » sur Instagram

Capture d'écran du film de Spike Lee, The very black show.

Capture d'écran du film de Spike Lee, The very black show. © DR

Le magazine féminin français « ELLE » se retrouve au cœur d’une polémique, avec en toile de fond des accusations de racisme. En cause cette fois-ci, la fuite d’une photo Instagram d’une journaliste du magazine dont le visage est grimé en noir.

Mis à jour à le 26/11/2013 à 14h23

La journaliste Jeanne Deroo s’est exprimée sur Twitter où elle présente ses excuses. Elle explique : "Je n’avais pas conscience de la gravité de mon acte quand je me suis rendue samedi soir dernier, à une fête privée dont le thème était “Icônes”, et où j’ai choisi d’incarner Solange Knowles dont je suis fan. J’ai posté lors de cette soirée un Instagram de moi sans vouloir blesser quiconque."

La photo fait le tour du web (voir ci-dessous). Elle provient du compte Instagram de Jeanne Deroo, journaliste mode au magazine ELLE. Posant sur un fond aux motifs africains, la jeune femme, sourire aux lèvres, arbore une perruque afro, le visage grimé en noir, comme le révèle le Huffington Post. Ce qu’on appelle, aux États-Unis, un "blackface".

Sur les réseaux sociaux, les réactions sont sans appel. Comme @The_Economiss qui condamne le racisme de cette photo.

@micha rappelle quant à elle l’affaire Lénorda, la jeune collégienne rom expulsée avec sa famille au Kosovo :

Ou encore @valerieCG qui ne manque pas de souligner qu’il y a une semaine le magazine ELLE faisait sa couverture avec la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, qui a été récemment l’objet d’attaques racistes :

Alors que ni la journaliste, ni ELLE, ne se sont exprimés sur la polémique, – et on imagine l’embarras à la rédaction du titre qui en 2012 avait déjà déclenché un scandale après la publication d’un article consacré au Black Fashion power – la photo fait déjà parler d’elle outre-Atlantique, où la portée symbolique du "blackface" est indissociable de l’esclavagisme.

Ainsi, @shereenTshafi a pour sa part l’impression que "les Européens apprécient particulièremment les blackface", rappelant le passé colonial français…

 Pour sa part, @candaceshaw interpelle la journaliste mode de ELLE en lui rappellant que le "blackface est toujours raciste".

Il suffit de taper le nom de la journaliste sur Twitter pour voir s’amonceler les tweets similaires, en français et en anglais.

"Minstrel show"

Aux États-Unis, la pratique du "blackface" évoque directement les "minstrel shows". Apparus dans le premier quart du 19e siècle, ils mettaient en scène des acteurs blancs le visage grimé en noir pour incarner des Afro-Américains représentés alors comme des êtres ignorants, grossiers mais doués pour la danse et la musique… Ces personnages seront même incarnés par des Noirs à la fin du 19e siècle, après la guerre de Sécession.


THE VERY BLACK SHOW – Bande-annonce VO par CoteCine

En 2001, dans le film The very black show, le réalisateur américain Spike Lee reprendra cette thématique des "minstrel shows" qu’il transposera au XXIe siècle pour critiquer la représentation de la communauté afro-américaine véhiculée par l’industrie du divertissement à la télévision.

Ce passé n’empêche pas que la vie médiatique des États-Unis soit marquée ponctuellement par des affaires de racisme. Comme le rappelle le Huffington post, les stars Julianne Hough ou encore Kate Perry ont été récemment au coeur de polémiques similaires.

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Jean-Sébastien Josset 

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