Société

Vidéo : sauvetage miraculeux d’un marin nigérian coincé pendant 3 jours dans une épave

Après le naufrage de son navire en pleine opération de remorquage d’un pétrolier, en mai dernier, Harrison Okene a survécu dans une poche d’air logée dans l’épave, par 30 m de fond, pendant 3 jours. Des plongeurs ont filmé la scène de son sauvetage inespéré.

Mis à jour le 5 décembre 2013 à 09:02

Harrison Okene (C) entouré de ses sauveteurs, en mai 2013. © AFP

C’est l’histoire d’un sauvetage miraculeux et émouvant, avec la force des images en plus. Une vidéo diffusée par l’entreprise néerlandaise DCN Diving montre comment un marin nigérian de 29 ans a eu la vie sauve in extremis après avoir passé trois jours dans l’épave de son navire, le remorqueur Jascon IV, qui avait chaviré par forte houle, le 26 mai, au large des côtes nigérianes et reposait depuis par 30 mètres de fond, à l’envers.

Les onze membres d’équipage étaient présumés morts. Mais en réalité, Harrison Okene, le cuisinier du bord, a survécu en se glissant dans une poche d’air logée dans un compartiment de l’épave. Là, dans l’obscurité totale, torse nu et vêtu d’un simple short noir, il passe 60 heures à refaire le film de sa vie et à prier, expliquera-t-il plus tard. Pour tenir, il ne trouve qu’une bouteille de soda.

"Il est vivant !"

Engagés par l’opérateur du remorqueur, West African Ventures Limited, les secouristes ne s’attendent au mieux qu’à retrouver des corps sans vie. La scène est filmée par la caméra d’un plongeur fixée sur le masque de ce dernier. On le voit progresser dans les méandres de l’épave jusqu’à ce qu’il aperçoive une main, ornée d’une bague en or à l’annulaire et dont les doigts sont plissés par l’eau de mer.

Mais la main, se tend aussitôt vers son sauveur et attrape précipitamment le gant du plongeur.

"Tu en as trouvé un, c’est ça?", demande en anglais, avec un accent sud-africain, son collègue qui pilote depuis la surface les opérations de secours, pensant qu’il s’agit d’un nouveau cadavre immergé sous la coque. Mais la main, se tend aussitôt vers son sauveur et attrape précipitamment le gant du plongeur (voir à 5’30 »). "Il est vivant! Il est vivant!", s’exclame alors le secouriste, abasourdi de cette rencontre.

"Okay, garde-le là. Bon… Il faut juste que tu le gardes là, okay? Ne le bouge pas. Putain de merde! Je ne sais pas ce qu’on va faire", lâche son collègue depuis la surface. "Garde-le là, garde-le là. Rassure-le. Donne-lui une tape sur l’épaule", tente de rassurer par radio celui qui dirige les secours.


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Ne pas paniquer

Visiblement éprouvé, à moitié immergé, le miraculé soupire à plusieurs reprises, prend le temps de boire quelques gorgées d’eau, mais se plaint d’avoir froid. Le secouriste l’aide ensuite à enfiler un masque équipé d’un appareil respiratoire. "Tu m’entends?" lui demande l’homme du centre de contrôle, via la radio. "Okay, écoute-moi. On te met le casque pour que tu puisses respirer. Il ne faut pas que tu paniques, d’accord? On va te ramener chez toi, okay? (…) On veut que tu restes calme, okay?".

"Quel est ton nom ?". "Harrison, Harrison", répond le survivant, avant de confirmer qu’il était le cuisinier de bord. Guidé par son sauveur, Harrison traverse lentement l’épave immergée, sort de la carcasse du navire pour faire étape dans une cloche de décompression. Le chef des secouristes le félicite à la radio : "Bon travail, mon ami. C’est très bien. Tu es un survivant !" Un miraculé.

(Avec AFP)