Politique

Le monde en deuil pleure Nelson Mandela, icône de la paix entre les peuples

Le fondateur de la nation Arc-en-Ciel et premier président noir de l’Afrique du Sud, Nelson Mandela, s’est éteint le 5 décembre à Johannesburg. Jamais un dirigeant n’avait reçu, à sa mort, autant d’hommages en provenance du monde entier.

Mis à jour le 6 décembre 2013 à 08:49

Nelson Mandela avait 95 ans. © AFP

La phrase tant redoutée a été prononcée, jeudi 5 décembre, par le président sud-africain Jacob Zuma, en direct à la télévision peu après 21h30 GMT. "Notre bien-aimé Nelson Mandela, le président fondateur de notre nation démocratique, nous a quittés. Il est décédé en paix entouré de sa famille aux environs de 20H50 (…) Notre nation a perdu son plus grand fils".

"Au cours de 24 années [depuis sa libération, NDLR] Madiba nous a appris comment vivre ensemble et croire en nous-mêmes et en chacun", a déclaré dans la soirée l’archevêque anglican Desmond Tutu, considéré à 82 ans comme la conscience morale de son pays, lui aussi un autre héros de la lutte anti-apartheid. "Suggérer que l’Afrique du Sud pourrait partir en flammes (après son décès) – comme certains l’on prédit – revient à discréditer les Sud-Africains et l’héritage de Madiba", a-t-il ajouté.

>> Suivre notre direct sur les réactions qui continuent d’affluer à la mort de Mandela

Dès l’annonce de la triste nouvelle, les hommages ont afflué du monde entier. Jamais aucun dirigeant ou personnalité n’avait suscité à sa mort un tel flot simultané de louanges, de marques d’amour, de respect et d’admiration en provenance des quatre coins de la planète. De nombreuses démocraties – États-Unis, France ou Venezuela par exemple – ont annoncé avoir mis leurs drapeaux en berne.

Nous avons perdu l’un des hommes les plus influents, les plus courageux, et l’un des êtres humains les plus profondément bons (…) sur cette Terre.

Barack Obama, président des États-Unis

"Farouche dignité"

"Nous avons perdu l’un des hommes les plus influents, les plus courageux, et l’un des êtres humains les plus profondément bons (…) sur cette Terre", a déclaré Barack Obama. "Grâce à sa farouche dignité et à sa volonté inébranlable de sacrifier sa propre liberté pour la liberté des autres, il a transformé l’Afrique du Sud et nous a tous émus", a-t-il souligné depuis la Maison Blanche.

Le président chinois Xi Jinping a salué les "extraordinaires contributions qu’il a apportées au développement de l’humanité", tandis que le Premier ministre indien Manmohan Singh l’a qualifié de "vrai Gandhien", en référence au mahatmah Gandhi, une autre icône mondiale de la résistance, de la paix et de la réconciliation entre les peuples. De son côté, le Dalaï Lama a déclaré avoir perdu avec Mandela "un ami cher" et a salué "un homme de courage, de principes et à l’intégrité incontestable".

Le président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a salué l’un des "plus grands libérateurs" de l’histoire. Au Brésil, la présidente Dilma Rousseff a rappelé que "l’exemple de ce grand dirigeant guidera tous ceux qui luttent pour la justice sociale et la paix dans le monde", tandis qu’Abedi Pelé, a lui pleuré la mort du premier président noir d’Afrique du Sud. "Mandela était mon héros, mon ami, mon compagnon dans la lutte en faveur de la cause du peuple et pour la paix dans le monde", a-t-il dit sur Twitter.

Retrouver tous les articles de notre dossier spécial sur la vie de Nelson Mandela :

"Un combattant magnifique"

François Hollande, qui s’apprêtait à recevoir à Paris, les 6 et 7 décembre, 39 chefs d’État pour un sommet sur la sécurité en Afrique, a également rendu un hommage appuyé à Madiba, voyant en lui "un résistant exceptionnel", "un combattant magnifique" : il a été "l’incarnation de la Nation sud-africaine, le ciment de son unité et la fierté de toute l’Afrique". La chancelière allemande Angela Merkel a quant à elle estimé que le nom de Mandela restera "pour toujours lié au combat contre l’oppression". Et le président palestinien Mahmoud Abbas a lui salué "un symbole de la libération du colonialisme et de l’occupation pour tous les peuples aspirant à la liberté".

Les hommages n’auraient pas été complets sans celui du dernier président de l’apartheid, Frederik De Klerk, co-titulaire avec Mandela du Prix Nobel de la Paix 1993 après l’avoir fait sortir de prison en 1990. "Le courage, le charme et l’engagement de Nelson Mandela envers la réconciliation et la Constitution, ont été une source d’inspiration non seulement pour les Sud-Africains, mais pour le monde entier", a-t-il solennellement déclaré. "Je crois que son exemple lui survivra", a-t-il ajouté. "Tata (Père, ndlr), vous allez nous manquer. Mais sachez que votre esprit et votre exemple seront toujours là pour nous guider vers la vision d’une Afrique du Sud meilleure et plus juste".

>> Écouter notre playlist des titres qui rendent hommage à la vie du héros de la lutte anti-apartheid :

La Birmane Aung San Suu Kyi, elle aussi prix Nobel de la paix, a rendu hommage à "un être humain remarquable" qui "nous a fait comprendre que nous pouvons changer le monde". Mais au milieu de ce concert d’hommages unanimes, c’est sur la terre de Madiba, en Afrique du Sud, que l’émotion était la plus forte. L’ambiance n’était cependant pas au recueillement mais à la célébration, avec des chants anti-apartheid ou à la gloire de Madiba, repris en choeur par la foule qui agitait des drapeaux et scandait parfois "Viva Mandela" ou "Longue vie à Mandela". La date des funérailles n’a pas été annoncée. L’homme que son père avait appelé Rolihlahla ("celui par qui les problèmes arrivent", en xhosa) avant d’être renommé arbitrairement Nelson par son institurice, voulait reposer à Qunu, le village de ses ancêtres.

(Avec AFP)


Nelson Mandela : retour sur la vie d’un géant… par Jeuneafriquetv