Politique

Centrafrique : l’armée française a ouvert le feu sur des hommes armés

Les militaires français ont ouvert le feu, jeudi matin, sur un pick-up armé, tuant plusieurs personnes à bord. Ses occupants tiraient sur des civils près de l’aéroport de Bangui où près d’un milliers d’habitants se sont réfugiés, vendredi.

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Mis à jour le 6 décembre 2013 à 17:40

Un homme armé à Bangui le 6 décembre 2013 © AFP/Sia Kambou

Mis à jour à 18h40

L’opération "Sangaris" n’avait pas encore officiellement débuté quand l’armée française a fait feu sur un pick-up d’hommes armés tuant 8 personnes à bord. L’incident s’est déroulé, jeudi 5 décembre vers 3h00 du matin, au début de l’attaque des anti-balakas. Pris entre deux feux, des centaines de civils se sont réfugiés à l’aéroport international de Bangui que les Français sécurisent.

"Un pick-up armé a ouvert le feu à trois reprises en direction de ces civils et des troupes françaises. À la troisième ouverture du feu, on a riposté et on a détruit le véhicule", a indiqué le porte-parole de l’état-major, le colonel Gilles Jaron.

Selon la même source, ce type de pick-up, équipé d’une mitrailleuse à l’arrière, compte habituellement quatre à cinq occupants. L’incident n’a fait "aucun blessé" parmi les civils et les soldats français, a précisé le porte-parole.

>> À lire aussi : Centrafrique, l’opération française "Sangaris" a commencé

L’intervention militaire française en Centrafrique a officiellement débuté jeudi soir, quelques heures après l’adoption d’une nouvelle résolution par le conseil de sécurité de l’ONU. Dans la nuit, les forces déjà présentes à Bangui ont multiplié les patrouilles. "Une compagnie est arrivée de Libreville hier soir [avec à son bord le général Francisco Soriano qui commandera l’opération "Sangaris] et aujourd’hui un détachement d’hélicoptères sera sur zone", a précisé le ministre.

Les représailles continuent

Vendredi matin, deux chasseurs français ont survolé la ville à basse altitude pour produire un effet de "sidération" selon les termes employés par l’armée. Environ 250 soldats patrouillent sur les grans axes de la villes. Des effectifs encore insufissants pour empêcher les tueries de se poursuivre. Car si les combats entre milices anti-balakas et ex-rebelles de la Séléka ont cessé, les représailles se poursuivent. Profitant du chaos actuel, les pillars s’en donnent également à coeur joie.

"Les Séléka incontrôlés et des civils armés de kalachnikov terrorisent les population, explique à Jeune Afrique un homme habitant près du point kilomètrique 13 (PK 13, au nord de Bangui). Ils tirs en l’air, font du porte-à-porte à la recherche de suspects. Tous les hommes sont considérés comme les ennemis." 

Vendredi après-midi, la Croix-rouge centrafricaine ramassait des dizaines de cadavres abandonnés dans la ville depuis les violents affrontements de la veille, suivis de tueries, par armes à feu ou machette.

Dans une odeur pestilentielle, les agents de la Croix-rouge emballaient les corps dans des sacs blancs puis les plaçaient dans des véhicules, sous le regard de combattants de l’ex-Séléka, intégrés par le président Michel Djotodia dans les nouvelles forces de sécurité.

Quelque 92 morts et 155 blessés ont été enregistrés dans un hôpital de Bangui depuis le début d’une vague de tuerie jeudi, selon un bilan établi vendredi par la mission sur place de Médecins sans frontières (MSF) et qui laisse présager un bilan extrêmement lourd des violences.

(Avec AFP)