Politique

Blaise Compaoré fête l’indépendance du Burkina Faso dans le Sahel

| Écrit par Pierre Mareczko, à Dori
Blaise Compaoré, un oeil sur le présent, un autre sur la présidentielle de 2015.

Blaise Compaoré, un oeil sur le présent, un autre sur la présidentielle de 2015. © Lucas Jackson/Reuters

Pour la première fois depuis 53 ans, le Burkina Faso fête son indépendance dans le Sahel, à Dori. Une célébration aux allures de campagne électorale pour le président Blaise Compaoré, dont le regard semble se tourner de plus en plus vers la présidentielle de 2015.

Mis à jour le 12/12 à 12h29.

"Cuisiné" par la presse française en marge du sommet franco-africain de l’Élysée la semaine dernière, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a eu peine à dissimuler ses velléités de candidature à la présidentielle de 2015. Et ce, nonobstant la Constitution qui, dans sa forme actuelle, ne lui permet pas de briguer un cinquième mandat à la tête du pays qu’il occupe depuis 26 ans. En attendant cette échéance électorale, Compaoré et son gouvernement ont, depuis 2007, opté pour une délocalisation stratégique de la Fête d’indépendance.

Après Fada, Ouahigouya, Bobo-Dioulasso et Koudougou, c’est au tour de Dori, ville sahélienne d’environ 30 000 habitants, d’accueillir cette célébration en vue de laquelle l’État a déboursé la coquette somme de 15 milliards de F CFA. Routes, aérodrome, logements… Tout a été fait – et refait – pour préparer Dori aux festivités du 11 décembre. Des aménagements dont la population espère pouvoir profiter au delà de cette date.

Un Sahel en souffrance

En mars 2012, la ville de Dori a connu de violentes manifestations de jeunes qui demandaient à être embauchés dans la mine d’or d’Essakane, située non loin de la ville et exploitée par la compagnie canadienne Iamgold. Maisons incendiées, entrée de la mine bloquée… Ces évènements avaient provoqué un important déploiement policier.

Loin d’être anecdotiques, ces remous en disent long sur les difficultés du Burkina septentrional. Subsistant grâce à une économie presque exclusivement agricole, les populations sahéliennes souffrent du manque d’eau potable et d’électricité, sans compter le manque d’infrastructures et les menaces qui planent sur la sécurité de la région. Offrir une autre image, plus positive, du Sahel, c’est sans doute l’un des objectifs de cette fête d’indépendance à Dori, même si les problèmes du Mali ou du Niger voisins ne débordent pas, pour l’instant, au Burkina.

La fête, et après ?

Malgré tous les efforts sémantiques – et financiers – mis en place pour insister sur l’aspect "développement" de l’opération "Dori 2013", celle-ci s’apparente aussi à une habile stratégie de communication visant à redorer l’image d’un président loin de faire l’unanimité chez tous les Burkinabè. Pendant la semaine précédant le 11 décembre, les journalistes des médias nationaux – directement pris en charge par le comité d’organisation – se sont fait balader de cérémonies officielles en exposition photos à la gloire du gouvernement et de son bilan.

Certes, des gestes symboliques ont été faits, comme la pose de la première pierre d’un lycée professionnel par le Premier Ministre, Luc-Adolphe Tiao. Mais qu’en sera t-il de la deuxième, troisième et surtout dernière pierre ? C’est la question qui préoccupe les habitants de Dori, comme le souligne M. François Ramdé, Directeur de l’ONG Union fraternelle des croyants (UFC) à Dori, œuvrant pour la bonne entente entre chrétiens et musulmans. "Nous espérons que les efforts du gouvernement pour le Sahel continueront après la fête". La même espérance qu’on semble deviner dans le regard des badauds massés au bord de la route… Dans l’attente du président.

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