Politique

Constitution égyptienne : les Frères musulmans appellent au boycott du référendum

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Mis à jour le 17 décembre 2013 à 08:40

Un des porte-paroles de l’Alliance anti-coup d’État a fait part de l’intention qu’avaient les partisans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi de boycotter le référendum sur une nouvelle Constitution. Il a par ailleurs déclaré qu’une campagne contre ce scrutin, prévu en janvier, serait lancée.

Les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi sont déterminés à faire entendre leur voix contre l’organisation d’un référendum sur une nouvelle Constitution. "Nous rejetons tout vote organisé sous le régime militaire", a déclaré lundi Hamza al-Farawi, un porte-parole de l’Alliance anti-coup d’État qui réclame le retour du président islamiste destitué par l’armée en juillet et détenu depuis.

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Dominée par les Frères musulmans, l’Alliance anti-coup d’État avait initialement envisagé d’appeler ses partisans à voter contre la nouvelle Loi fondamentale au cours du referendum prévu les 14 et 15 janvier.

Mais après la féroce répression menée par les nouvelles autorités désignées par l’armée, qui a décimé le puissant réseau de la confrérie dont les principaux cadres sont en prison, ses chances de parvenir à battre les partisans de la Constitution dans les urnes sont désormais quasiment nulles.

C’est pourquoi l’Alliance va lancer une campagne en faveur d’un boycott du scrutin, a ajouté Hamza al-Farawi, sans préciser comment serait organisée cette campagne sachant que la police a arrêté les principaux cadres de cette coalition de groupes islamistes qui organise des manifestations quasi-quotidiennes.

La répression du nouveau pouvoir a été féroce, faisant un millier de morts et entraîné des milliers d’arrestations.

Le Caire, qui compte maintenir la pression, a d’ores et déjà prévu de déployer 200 000 policiers durant les deux journées du referendum, selon l’agence officielle Mena.

Première étape de la transition démocratique

Le référendum est la première étape de la transition démocratique promise par l’armée, et doit être suivi à l’été 2014 des élections présidentielle et législatives, dans un ordre qui n’a pas encore été défini.

Le nouveau pouvoir dirigé de facto par l’armée avait nommé une commission constituante qui a rendu début décembre un projet de Loi fondamentale consolidant le pouvoir de la puissante armée et renforçant son poids dans la vie politique du plus peuplé des pays arabes.

Des experts s’attendent à ce que cette Constitution révisée soit adoptée lors du référendum, dans un contexte de ressentiment contre les islamistes et d’aspirations à un retour de la stabilité.

"La Constitution sera approuvée, car voter pour ce texte revient à voter pour la stabilité politique", a estimé Moustapha Kamel Al-Sayyid, professeur de sciences politiques au Caire.

Les Frères musulmans "peuvent créer quelques troubles mais pas saboter tout le scrutin. Ils ne sont pas en position de changer le cours des choses," selon lui.

Al-Nour favorable au projet

Dans les rues d’Égypte, fleurissent depuis début décembre des panneaux appelant à participer à ce premier scrutin depuis la destitution de M. Morsi.

Les autorités ont déjà annoncé qu’elles autorisaient six ONG étrangères à observer le déroulement du référendum de janvier.

Alors que plusieurs partis et organisations de la société civile ont déjà appelé à voter en faveur de ce texte, les islamistes sont divisés sur la question. Contrairement aux Frères musulmans, le parti salafiste Al-Nour, qui a soutenu le coup de force contre M. Morsi et dont un dirigeant siégeait au sein de la commission constituante a ainsi appelé début décembre à voter en faveur du projet.

La Constitution suspendue en juillet avait été révisée à marche forcée par une Commission dominée par les islamistes puis adoptée par référendum en 2012, sous la présidence de M. Morsi.

(Avec AFP)