Politique

Tunisie : les belles intentions du futur Premier ministre Mehdi Jomaâ

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Mis à jour le 20 décembre 2013 à 15:48

Mehdi Jomaâ, le futur Premier ministre tunisien, s’est engagé à organiser des « élections transparentes et crédibles », à « assurer la sécurité » de ses compatriotes ou encore à « garantir la neutralité de l’administration ». De belles intentions qui restent encore suspendues à l’annonce de sa date d’entrée en fonction.

Le retard des négociations censées déterminer la date d’entrée en fonction de Mehdi Jomaâ, reportées à lundi, n’a pas empêché le futur Premier ministre tunisien d’annoncer ses ambitions.

Cité par l’agence TAP, l’ancien ministre de l’Industrie a promis de "favoriser les conditions appropriées pour des élections transparentes et crédibles, d’assurer la sécurité des Tunisiens, et de promouvoir l’économie afin de sortir de la crise" politique.

La TAP, qui cite un communiqué du Parti socialiste publié après que Mehdi Jomaâ a rencontré le chef de cette formation, indique aussi que le futur Premier ministre a promis de "garantir la neutralité de l’administration, de l’appareil sécuritaire et de l’armée".

Mehdi Jomaâ, un indépendant de 51 ans, a été désigné samedi à la tête du gouvernement malgré des protestations des partis de l’opposition. Il a été depuis très avare en déclarations, promettant simplement de former un cabinet d’indépendants.

Report des négociations

La classe politique, notamment les islamistes d’Ennahdha et l’opposition, était censée se réunir pour de nouveaux pourparlers vendredi après-midi pour déterminer les conditions de démission du Premier ministre islamiste Ali Larayedh et d’entrée en fonction de Mehdi Jomaâ. Mais cet importante réunion a été reportée à lundi sans plus d’explications.

"À la demande de plusieurs partis, il a été décidé de reporter le dialogue national à lundi", s’est contenté d’annoncer l’UGTT, principal médiateur des négociations, sur sa page officielle.

La désignation de Mehdi Jomaâ est intervenue à l’issue de deux mois de négociations tendues destinées à sortir la Tunisie de la profonde crise politique et institutionnelle dans laquelle elle est plongée depuis l’assassinat, le 25 juillet, de l’opposant de gauche Mohamed Brahmi. Si Ali Larayedh et son parti Ennahdha ont à maintes reprises indiqué être prêts à quitter volontairement le pouvoir, ils ont réclamé qu’en parallèle soient adoptées la Constitution et une loi électorale, et que soit formée une commission électorale.

Peu connu du grand public

Ces travaux ont pris un retard considérable sur fond d’âpres disputes politiques, d’erreurs de procédure, d’un boycott d’élus de l’opposition et d’absentéisme des députés.

Une fois nommé, Mehdi Jomaâ devra conduire le pays à des élections en 2014. Cet ingénieur de formation, peu connu du public, n’a jamais été actif en politique sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali, renversé par la révolution de janvier 2011. Son expérience politique a débuté en mars 2013 avec son entrée dans l’actuel cabinet en tant que ministre de l’Industrie.

(Avec AFP)