Politique

RDC : qui sont les assaillants de Kamango ?

Des populations civiles fuyant les combats dans l'est de la RDC. © AFP

Des assaillants ont occupé mercredi la localité de Kamango, près de Beni, dans l'est de la RDC, avant d'y être délogés par l'armée congolaise. Des sources locales soupçonnent une implication des ex-combattants M23 dans l'attaque, alors que d'autres pointent les rebelles de l'ADF, en complicité avec l'armée ougandaise.

À quel groupe armé appartiennent ces hommes qui ont attaqué, le 25 décembre, la localité de Kamango, située à environ 80 km de la ville de Beni, dans l’est de la RDC ? Les versions diffèrent : certaines sources locales ont indiqué qu’il s’agissait des ex-combattants du Mouvement du 23-Mars (M23) déguisés en rebelles ougandais, alors que la société civile du Nord-Kivu parlait plutôt d’une incursion des éléments de l’Uganda People’s Defence Force (UPDF, armée de l’Ouganda) aux côtés des hommes de Jamil Mukulu, chef ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF).

"L’armée ougandaise est l’instigatrice principale de l’attaque", a accusé Omar Kavota, porte-parole de la société civile du Nord-Kivu, dans un communiqué publié quelques heures après la chute de la localité entre les mains des assaillants. "Le soir du 24 décembre (…), quatre véhicules de l’UPDF ont déchargé de centaines d’éléments dans la localité de Kichanga, à 13 km-nord de Kamango. Ces derniers auraient fait jonction avec ceux ont précédé il y a une semaine, pour rejoindre les pseudo-ADF/Nalu déjà positionnés dans les localités de Ndiva, Kitimba et Kibele, à l’ouest de Kamango, dans l’axe Mbau-Kamango", précise le communiqué.

"Nous avons été attaqués par des combattants ADF"

À l’état-major de l’armée congolaise à Goma, on ne confirme pas l’implication des militaires ougandais dans les affrontements de Kamango, encore moins celle des ex-combattants du M23. "Ce qui est sûr c’est qu’il s’agit des éléments armés qui opèrent le long de la frontière entre l’Ouganda et la RDC", avance le colonel Olivier Hamuli, porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC) dans le Nord-Kivu. Et d’ajouter : "Nous avons été attaqués par des combattants ADF, mais nous n’écartons pas l’hypothèse d’une alliance entre ces rebelles ougandais et d’autres groupes armés depuis le territoire ougandais ou congolais".

Des ex-rebelles du M23 refugiés en Ouganda, depuis leur défaite militaire début novembre, auraient-ils participé à l’attaque de Kamango ? Impossible de le savoir, selon Olivier Hamuli. "Nous n’avons pas pu capturer les assaillants, ce qui nous aurait permis de mieux les identifier", confie-t-il à Jeune Afrique.

Du côté du M23, silence radio. Joint au téléphone depuis Kampala, René Abandi, un des responsables politiques de l’ex-rébellion, se refuse de réagir aux soupçons sur la participation des ex-rebelles à l’attaque de Kamango. "Ce sont des histoires", se contente-t-il d’affirmer.

>> Lire aussi :  le M23 se régénère-t-il à partir du Rwanda et de l’Ouganda ?

L’histoire se répète à Kamango

Le bilan provisoire des affrontements fait état d’au moins "31 morts dont 12 civils, 9 militaires et 10 rebelles" et une "dizaine de blessés", selon la société civile Nord-Kivu. "Du côté des FARDC, on a enregistré deux morts et quatre blessés", affirme pour sa part le colonel Olivier Hamuli, soulignant que l’armée congolaise n’avait sur place qu’un "effectif réduit" qui a été surpris par la première attaque des assaillants.

"Après notre repli stratégique, ils sont entrés dans la localité où ils ont commis plusieurs actes de pillage", dénonce le porte-parole des FARDC. Une situation qui a duré "plus de 6 heures", entraînant le "déplacement massif" des populations.

Dans la foulée, des hélicoptères sud-africains de la brigade d’intervention des Nations unies sont entrés en action pour pilonner les positions des assaillants, permettant ainsi à l’armée de reprendre le contrôle de la localité. Les FARDC renforcent désormais leurs positions à Kamango pour éviter une nouvelle incursion des assaillants.

Mais sur place, la présence des éléments de l’armée congolaise ne rassure pas. "Nous sommes contents de voir les FARDC sillonner la localité, mais pour combien de temps ?", s’interroge un membre de la société civile locale qui rappelle qu’"au mois de juillet déjà, c’était la même histoire : des rebelles ADF sont rentrés à Kamango parce que les soldats congolais étaient absents."

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Par Trésor Kibangula

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