Immigration

Centrafrique : un sommet de la CEEAC pour pousser Djotodia vers la sortie ?

Michel Djotodia à sa résidence de Bangui, le 21 décembre. © AFP

Selon plusieurs sources citées par l'agence de presse Reuters, le président de la transition, Michel Djotodia, pourrait annoncer sa démission jeudi, à l'occasion du sommet des chefs d'État de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), qui a lieu les 9 et 10 janvier à N'Djamena.

Mis à jour à 20h

Michel Djotodia sera-t-il encore président de la transition à l’issue du sommet des chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) qui a lieu les 9 et 10 janvier à N’Djamena ? Non, selon plusieurs sources citées par l’agence de presse Reuters qui assurent que Djotodia devrait annoncer sa démission ce jeudi.

"C’est terminé pour lui maintenant", a dit un membre de l’entourage de Michel Djotodia. Un haut responsable de la diplomatie française a déclaré à Paris que le président tchadien Idriss Déby, jusqu’ici soutien du président centrafricain par intérim, avait lâché son protégé.

>> Michel Djotodia, l’homme qui ne voulait pas du pouvoir… mais qui aimerait bien le garder

Contactés par Jeune Afrique, plusieurs diplomates africains se sont dit surpris. Djotodia aurait bien déclaré dimanche, devant les représentants de la communauté internationale, qu’il était prêt à quitter le pouvoir si on lui signifiait qu’il était "un obstacle" à la paix. "Aucune décision n’avait été prise à ce moment-là. Cela devait être tranché avec les chefs d’État de la CEEAC", précise un diplomate présent.

Le ministre de la Communication, Adrian Poussou, ainsi qu’un de ses conseillers, ont eux démenti la démission de Djotodia.

Le président de la transition a quitté Bangui ce mercredi en fin de journée à bord de l’avion présidentiel tchadien en compagnie du Premier ministre Nicolas Tiangaye et du président du Conseil national de transition Alexandre Ferdinand Nguendet. Les trois hommes ont répondu à l’invitation du chef d’État tchadien et président en exercice de l’organisation régionale, Idriss Déby Into.

L’ensemble des présidents des pays membres de la CEEAC prendront part au sommet. Le vice-président burundais représentera le chef de l’État Pierre Nkurunziza. Le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mohamat, s’est personnellement déplacé à Bujumbura pour lui remettre l’invitation officielleme de Déby Itno. Il en a profité pour revenir sur le récent incident militaire entre les contingents des deux pays. Il a qualifié cet incident de "non-événement" et a assuré qu’il n’y avait pas de "mésentente".

Qui après Djotodia ?

Si Djotodia partait, qui pourrait le remplacer ? Le nom d’un général des Forces armées centrafricaine (Faca) à la retraire circule dans les chancelleries africaines et internationales. Mais aucune personnalité politique et militaire ne semble vraiment sortir du lot. Une autre option serait de laisser le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, gérer seul la transition et l’organisation des élections. Problème, ce dernier semble discrédité, au point que son départ serait également envisagé.

"Si Djotodia quitte le pouvoir et rentre dans le nord-est, on risque d’ouvrir un autre pan à la crise actuelle", s’inquiète un diplomate de la CEEAC. En effet, comment réagiront les ex-Sélaka au départ de leur chef ? Certains de leurs cadres se préparent-ils à partir ? Herbert Gontran Djono-Ahaba, ministre d’État aux Mines, au Pétrole et à l’Énergie, et Arnaud Djoubaye Abazene, ministre des Transports, respectivement neveu et frère cadet de Djotodia, auraient déjà envoyé leur famille dans le nord du pays.

Les chefs de guerre, à Bangui et en province, feront-ils de même ? Pas sûr. Depuis plusieurs jours, les rumeurs d’une prochaine flambée de violence se font très pressantes. "On craint une politique de la terre brûlée. Le camp de Roux ressemble à une marmite. On ignore qu’elle sera leur réaction", conclut un diplomate africain. Dans la nuit de mardi à mercredi, un accrochage entre des éléments de l’ex-séléka et des militaires français a été signalé en plein coeur de la capitale centrafricaine.

________

Par Vincent Duhem

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte