Politique

Démission de Tiendrébéogo, nouveau coup dur pour le parti de Blaise Compaoré

Le président Blaise Compaoré. © AFP

Le parti burkinabè du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir) est à nouveau ébranlé par une défection. Le député Victor Tiendrébéogo, dit le Larlé naaba tigré, a remis sa démission au secrétariat exécutif national.

Dans la droite ligne des défections qui ont secoué le parti présidentiel depuis quelques semaines, le lâchage de Tiendrébéogo, également ministre du Mogho Naaba, chef des Mossi, vient à nouveau ébranler le camp au pouvoir. Ce dernier perd ainsi non seulement un député de son groupe à l’Assemblée nationale mais aussi une partie du soutien précieux de la chefferie coutumière, alors que l’opposition appelle à une grande journée de protestation nationale samedi 18 janvier.

Le 4 janvier, 75 membres du CDP, avaient démissionné avec fracas, furieux d’avoir été mis sur la touche depuis plusieurs années. Parmi eux, des ténors de la vie politique burkinabé : Salif Diallo, Roch Marc Christian Kaboré ou encore Simon Compaoré. Soucieux de ne pas perdre la face, le CDP avait répliqué avec un communiqué qualifiant ces faits de "non-évènement".

>> Lire aussi : Démissions au CDP : l’opposition burkinabè jubile, le parti de Compaoré sous le choc

La semaine dernière, 13 autres démissionnaires sont venus s’ajouter à la liste et l’on attendait alors de savoir ce qu’il en serait des députés du groupe CDP à l’Assemblée nationale qui ne seraient pas tous d’accord avec le projet d’installation du Sénat et la révision de l’article 37. 69 d’entre eux – sur 70, au total – avaient alors considéré nécessaire de signer une déclaration de soutien à Blaise Compaoré et à la politique de son parti. Le seul non-signataire s’appelait Victor Tiendrébéogo, qui n’a pas tardé à claquer la porte.

En démissionnant du parti, le député a renoncé, de fait, à son mandat de député. Par ailleurs, il quitte également la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (Fedap/BC). Très proche de l’ancien Premier ministre et démissionnaire Roch Marc Christian Kaboré, le larlé naaba tigré ne devrait pas tarder à rejoindre les rangs de l’opposition, sans doute au sein d’un nouveau parti que Salif Diallo et Kaboré semblent vouloir mettre en place.

Silence radio au CDP

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique la semaine dernière, le député CDP, Eddie Komboigo, appelait à "l’apaisement et au dialogue" avec l’opposition. Appelant les "camarades d’hier et d’aujourd’hui" à dialoguer, M. Komboigo avait également fait part de ses craintes au sujet de la véhémence de certains propos émanant de la société civile.

Samedi prochain, cette dernière exprimera son profond désaccord dans les rues de la capitale avec les projets d’installation du Sénat et de révision de l’article 37. Mais, à l’exception de l’appel au calme du député, le parti au pouvoir ne s’est pas exprimé sur la tenue de cette manifestation très attendue.
 

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