Politique

Hery Rajaonarimampianina officiellement investi président de Madagascar

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Mis à jour le 17 janvier 2014 à 11:29

Hery Rajaonarimampianina, soutenu par l’ancien homme fort du régime de transition Andry Rajoelina, a été officiellement déclaré nouveau président de Madagascar vendredi. 

Hery Rajaonarimampianina, 55 ans, est officiellement devenu le nouveau président malgache ce vendredi 17 janvier. Il devient ainsi le premier chef d’État élu depuis le coup de force de 2009 qui avait isolé l’île de la communauté internationale.

Soutenu par l’homme fort du régime de transition Andry Rajoelina, Hery Rajaonarimampianina, ancien ministre des Finances du régime installé début 2009 par le jeune maire d’Antananarivo, a été "déclaré officiellement président de la République de Madagascar" par le président de la cour électorale spéciale (CES), François Rakotozafy, qui a rejeté la requête en annulation déposée par le camp adverse.

Le nouveau président a recueilli 53,49% des voix lors du second tour tenu dans le calme en décembre. Le taux de participation a été de 50,72%. Robinson Jean Louis, le candidat adoubé par l’ancien président déchu Marc Ravalomanana, toujours en exil en Afrique du Sud, a lui remporté 46,51% des voix.

Vers un scénario "à la Poutine" ?

Contestant sa défaite, il avait parlé de "fraudes massives" et contesté notamment la liste électorale utilisée, tandis que les observateurs ont jugé le scrutin libre et crédible. La CES a tenté de crever l’abcès en organisant mardi une confrontation à huis clos entre les avocats des deux camps.

Sur le plan institutionnel, Madagascar pourrait connaître un scénario "à la Poutine", le président sortant devenant Premier ministre et gardant l’essentiel du pouvoir. Le camp Rajoelina est en effet en position de le nommer Premier ministre après avoir, selon des résultats provisoires, emporté la majorité relative à l’assemblée nationale.

Andry Rajoelina a été empêché de se présenter à la présidentielle sous la pression de la communauté internationale qui craignait des troubles. Il avait choisi de soutenir Hery Rajaonarimampianina, qualifié pour le deuxième tour.

Crise politique majeure depuis cinq ans

Les défis qui attendent le nouveau président sont immenses, à commencer par la stabilisation politique, clé d’un redémarrage du tourisme (15% du PIB actuellement) et de la concrétisation de projets de prospection pétrolière et minière. Madagascar, qui avait connu une croissance enviable sous l’ère Ravalomanana – c’était avant la crise financière mondiale – a fait marche arrière dans de nombreux domaines.

Depuis 2009, le pays s’est retrouvé au ban des nations, les investisseurs ont déserté et l’aide internationale s’est tarie, provoquant une grave crise économique et un appauvrissement général de la population. Sept enfants sur dix ne finissent pas l’école primaire. La pauvreté pousse de nombreux habitants dans la mendicité et la petite criminalité est en hausse – vols et agression se multipliant y compris dans les zones touristiques.

La grande inconnue tient aussi à l’attitude de l’ancien président Ravalomanana, également empêché de se présenter à l’élection par la communauté internationale. Sa femme Lalao, de retour depuis 2013 à Madagascar, est très active politiquement, alors que lui-même est toujours interdit de séjour sur l’île.

Discret ministre des Finances et du Budget, Hery Rajaonarimampianina a su gérer tant bien que mal les finances publiques d’un pays privé d’aide internationale. Son implication dans le régime qui a dirigé l’île pendant plus de quatre ans lui vaut toutefois d’être soupçonné par ses adversaires d’avoir couvert certains trafics illégaux.

(Avec AFP)