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Cet article est issu du dossier «Agro-industrie : un potentiel en jachère»

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Économie

Maroc : un poisson-pilote nommé Haliopolis

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Le secteur de la pêche représente 2 à 3% du PIB du Maroc. DR

Le secteur de la pêche représente 2 à 3% du PIB du Maroc. DR ©

Lancé par le Maroc en 2009, le pôle d’activités Haliopolis, situé en périphérie d’Agadir, aura à terme un potentiel de transformation de 500 000 tonnes de produits de la mer par an.

Les premières entreprises n’ont pas encore commencé à y travailler. Et pourtant, le pôle d’activités Haliopolis, à Drarga, en périphérie d’Agadir, a déjà eu les honneurs de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), qui le cite parmi les trois initiatives arabes recensées dans son Indice mondial de l’innovation 2013 – avec le Technopark d’Elgazala, en Tunisie, et la ville de Dubaï (pour le dynamisme de ses services). Déclinaison régionale du plan national Halieutis, lancé en 2009, Haliopolis aura à terme un potentiel de transformation de 500 000 tonnes par an de produits de la mer. Il doit permettre de créer 20 000 emplois (13 000 directs et 7 000 indirects), pour un investissement de la part des entreprises estimé à 575 millions d’euros (6,6 milliards de dirhams).

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Une surface de 150 hectares

Majid Joundy, président de l’Union nationale des industries de la conserve de poisson (Unicop) et PDG de Belma, l’une des plus anciennes conserveries d’Agadir, ne cache pas sa satisfaction : « Ce parc vient combler un vide. Il va permettre de transformer des poissons pélagiques [de haute mer] au sein d’infrastructures spécialisées. »

Sur les 150 ha prévus, 53 sont destinés aux industries de transformation, 21 aux industries de support (emballage, électricité…), 24 aux activités logistiques (groupage, transport…), et 13 aux services (guichet unique, sièges sociaux, recherche et développement…). MedZ, la filiale de CDG Développement chargée de réaliser et de gérer les nouvelles zones d’activités au Maroc, est alliée dans ce projet à la région Souss-Massa-Draa, au fonds régional Igrane et au Crédit agricole du Maroc.

Au Sud, un hub à la pointe

Agadir est la première plateforme de transformation halieutique du royaume, leader mondial de la sardine en conserve. Contraintes, depuis le début des années 2000, de répondre à l’évolution des normes de leur principal débouché commercial, l’Europe, les entreprises de la ville « sont à la pointe en termes d’appropriation des procédés techniques », souligne l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

Outre son savoir-faire, Agadir offre un accès aux principales zones de pêche de l’Atlantique, de même qu’aux réseaux autoroutiers et aériens. Les exportations marocaines de produits de la mer ont rapporté 1,05 milliard d’euros en 2011, soit 6,8 % des exportations totales du pays.

Susciter des investissements étrangers

Fin 2012, après la commercialisation sur 76 ha de la première tranche du projet, « 38 investisseurs ont bénéficié de lots, avec plus de 3 700 emplois à créer, indique Saad Harket, le directeur général d’Haliopolis. Ils sont en phase d’autorisation de construire et leurs travaux vont commencer très prochainement. » Saad Harket ne souhaite pas citer le nom des investisseurs en question : « Il s’agit d’entreprises marocaines nouvelles ou qui veulent s’agrandir et d’une entreprise étrangère déjà installée à Agadir et qui désire changer son statut de locataire à propriétaire. » Leur investissement total prévisionnel serait d’un peu plus de 85 millions d’euros, selon Agadir Haliopôle, une association créée pour soutenir la compétitivité des entreprises du secteur et améliorer leur valeur ajoutée.

« L’une des ambitions d’Haliopolis est de susciter des investissements de l’étranger », ajoute Majid Joundy – ce qui n’a été fait qu’en partie durant la première phase. Au risque de menacer la survie de producteurs locaux ? « Des craintes peuvent exister, mais l’aménagement du parc est fait de façon à répondre à des investisseurs de toute taille », répond le président de l’Unicop.

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