Politique

Émirats : une responsable de l’ONU dénonce des tortures dans les prisons

Le président des Émirats arabes unis, cheikh Khalifa ben Zayed al-Nahyane. © Eric Feferberg/AFP

Non autorisée de visite dans les prisons des Émirats arabes unis, une responsable de l'ONU a dénoncé, mercredi à Abou Dhabi, des tortures dans les prisons, dont elle dit s'être procuré les preuves. Elle réclame à ce sujet une enquête indépendante.

Gabriela Knaul, rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des magistrats et des avocats, ne mâche pas ses mots. Au terme d’une mission de neuf jours, mercredi 5 février à Abu Dhabi, elle a dénoncé de graves violations des droits de l’homme dans les prisons des Émirats arabes unis. "J’ai reçu des informations crédibles et des preuves que (…) des détenus étaient torturés et/ou soumis à de mauvais traitements", a-t-elle déclaré, dénonçant "des interpellations sans mandat de suspects conduits, les yeux bandés, à des lieux inconnus (…) et détenus à l’isolement, parfois pendant des mois, et placés sur la chaise électrique."

Preuve que les autorités ont sans doute quelque chose à se reprocher, elle n’a pas pu travailler librement. "Je n’ai pas été autorisée à visiter les prisons et à rencontrer certains détenus que je souhaitais voir", a-t-elle regretté. Des déclarations fracassantes pour un pays soucieux de son image en Occident, mais il en fallait visiblement plus pour perturber la sérénité des autorités émiraties.

Le chargé des affaires juridiques auprès du ministère des Affaires étrangères, Abrulrahim al-Awadi, a dit accueillir favorablement la visite de Mme Knaul, et a fait part de l’engagement du gouvernement d’étudier les remarques et recommandations qu’elle a faites. Cité par l’agence officielle WAM, M. Awadi a toutefois estimé que certains points évoqués par Mme Knaul étaient fondés sur des informations émanant de sources non identifiées ou de certains groupes menant une campagne pour ternir l’image de son pays.

Vague de répression

Mme Knaul a encore appelé les Émirats à établir un comité indépendant pour enquêter sur toutes les allégations de torture et de mauvais traitements en détention qui semblent se multiplier à la faveur d’une forte vague de répression. En janvier, 20 Égyptiens et 10 Émiratis accusés d’avoir constitué une cellule des Frères musulmans ont notamment été condamnés à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison.

Les dix Émiratis font partie d’un groupe de 69 islamistes déjà condamnés le 2 juillet à des peines de 7 à 15 ans de prison pour avoir formé une organisation secrète dans l’intention de prendre le pouvoir, et pour avoir entretenu des contacts avec les Frères musulmans. Les représentants de la presse internationale et des organisations internationales de défense des droits de l’Homme n’ont pas été autorisés à assister aux procès d’opposants.

En 2010, le site des Observateurs de France 24 avait relayé une vidéo dans laquelle on pouvait voir le cheikh Issa Ben Zayed Al-Nahyane, le propre frère du cheikh Khalifa ben Zayed, souverain d’Abu Dhabi et président des Émirats arabes unis (EAU), torturer en toute impunité à un homme d’affaires afghan.

(Avec AFP)
 

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