Politique

Mali : un cadre du Mujao revendique l’enlèvement d’une équipe du CICR

Des combattants du Mujao, près de l'aéroport de Gao, dans le nord du Mali, le 7 août 2012.

Des combattants du Mujao, près de l'aéroport de Gao, dans le nord du Mali, le 7 août 2012. © AFP

Yoro Abdoulsalam, un responsable du Mujao, a revendiqué mardi l’enlèvement d’une équipe du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans le nord du Mali. L’ONG était sans nouvelles de ses employés depuis ce week-end.

Portée disparue depuis samedi, une équipe malienne du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été enlevée dans le nord du Mali par des membres du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

"Nous avons pris (…) un (véhicule) 4X4 des ‘ennemis de l’islam’ avec leurs complices", a déclaré Yoro Abdoulsalam, responsable connu du Mujao, dans un bref entretien téléphonique avec un journaliste de l’AFP à Bamako. À la question de savoir s’il s’agissait de l’équipe du CICR, il a répondu : "Oui". "Ils sont en vie et en bonne santé", a-t-il ajouté, sans plus de détails.

Enlevés entre Kidal et Gao

Lundi, le CICR avait annoncé avoir "perdu le contact avec un de ses véhicules, avec cinq personnes à son bord". Les cinq personnes sont quatre membres du CICR et un vétérinaire d’une autre organisation humanitaire, tous Maliens. D’après un porte-parole du CICR, Alexis Heeb, leur disparition remonte au 8 février, alors que le véhicule effectuait le trajet entre Kidal (extrême nord-est) et Gao (nord-est).

Tous "étaient partis de Kidal pour regagner leur base à Gao lorsque nous avons perdu le contact", a précisé dans un communiqué Christoph Luedi, chef de la délégation du CICR au Mali, en affirmant n’écarter "aucune piste". Selon Alexis Heeb, le CICR est en contact régulier avec les autorités maliennes, ainsi qu’avec les divers groupes armés opérant dans le nord du Mali. Aucun commentaire n’avait immédiatement pu être obtenu de sources officielles maliennes ou sécuritaires.

Le Mujao est un des groupes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a occupé le nord du Mali en 2012 avant d’en être en partie chassés par l’intervention militaire internationale de 2013. Ce mouvement était particulièrement présent dans la ville de Gao et dans sa région.

Retour du Mujao sur le terrain

Ces allégations d’enlèvement interviennent sur fond de tensions dans la région de Gao, où plusieurs habitants évoquent un retour du Mujao sur le terrain. Un responsable au gouvernorat de la région a indiqué lundi que des dizaines de combattants supposés du Mujao avaient fait irruption dans la localité de Djébock, à une cinquantaine de kilomètres de Gao. Ils étaient à la recherche d’un chef touareg absent au moment de leur passage et sont finalement repartis après deux heures de présence sur les lieux, sans être inquiétés.

Dans un communiqué publié lundi, les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont de leur côté accusé le Mujao d’être l’auteur du massacre d’une trentaine de "civils touaregs" le 6 février dans la localité de Tamkoutat (nord-est de la ville de Gao). Le gouvernement malien avait de son côté dénoncé "des actes terroristes", mais sans citer de noms de groupes.

(Avec AFP)

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