Politique

Espagne : la Cour suprême lance un mandat d’arrêt contre l’ancien président chinois Jiang Zemin

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Mis à jour le 11 février 2014 à 11:41

Un juge de la plus haute cour espagnole a lancé lundi contre l’ancien président chinois Jiang Zemin un mandat d’arrêt international pour « génocide » au Tibet. Le mandat vise aussi l’ancien Premier ministre Li Peng et trois autres anciens hauts fonctionnaires chinois.

Suite à la demande d’associations de défense des droits de l’homme, le juge Ismael Moreno signé un mandat d’arrêt international – que doit relayer Interpol – contre l’ancien président chinois Jiang Zemin, l’ancien Premier ministre Li Peng et trois autres anciens hauts fonctionnaires chinois. Le magistrat suit le principe de justice universelle en vertu duquel les crimes contre l’humanité peuvent être poursuivis sans tenir compte des frontières nationales.

C’est en suivant le même principe que l’ancien juge espagnol Baltasar Garzon avait permis l’arrestation de l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet à Londres en 1998. Ce dernier avait finalement été autorisé à rentrer dans son pays pour des raisons de santé.

"Jiang exerçait une autorité de contrôle sur un peuple qui a directement commis ces abus et cela le rend responsable des actes de torture et d’autres violations majeures des droits de l’homme commises par ses subordonnés contre le peuple tibétain", a affirmé le juge Moreno dans son arrêt.

Crimes contre l’humanité

Le juge demande à Interpol d’émettre un mandat d’arrêt exigeant la capture et l’emprisonnement de Jiang pour génocide, torture et crimes contre l’humanité. Le ministère chinois des Affaires étrangères avait appelé vendredi l’Espagne à mettre fin à ces procédures judiciaires cherchant à démontrer des abus présumés commis par les Chinois dans la région du Tibet.

L’affaire avait été présentée en Espagne en 2006 par deux associations de soutien à la cause tibétaine et un moine de nationalité espagnole. Elle risque de compliquer très sérieusement les relations sino-espagnoles, alors que Madrid étudie actuellement une réforme pour éviter ce genre de poursuites à l’avenir.

(Avec AFP)