Politique

Libye : des milices lancent un ultimatum pour la démission du Parlement

Par
Mis à jour le 18 février 2014 à 17:47

Plusieurs groupes d’ex-rebelles libyens ont donné mardi au Congrès général national (CGN), équivalent du Parlement et plus haute autorité politique du pays, quelques heures pour quitter le pouvoir. Ils accusent les députés d’avoir unilatéralement prolongé leur mandat.

La tension ne retombe pas en Libye. Sous pression depuis plusieurs jours pour avoir unilatéralement prolongé son mandat, le Congrès général national (CGN), l’équivalent du Parlement, est désormais directement menacé par de puissants groupes armés. Mardi 18 février, plusieurs chefs de brigades d’ex-rebelles lui ont fixé un ultimatum de quelques heures pour quitter le pouvoir, menaçant d’arrêter tout député récalcitrant.

"Nous donnons au Congrès, dont le mandat a expiré, cinq heures pour remettre le pouvoir, soit jusqu’à 21h30 (19h30 GMT)", ont déclaré des leaders de ces groupes, en particulier ceux d’Al-Qaaqaa et d’Al-Sawaek, qui font officieusement partie de l’armée libyenne. "Le membre du Congrès qui reste (dans son poste) sera (…) une cible légitime et sera arrêté puis jugé", ont-ils insisté dans un communiqué lu à la télévision.

>> Lire aussi Libye : coup de bluff pour tentative de coup d’État ?

"Un coup d’État contre les institutions légitimes du pays"

Les brigades considèrent que les Frères musulmans et les groupes idéologiques et extrémistes sont à l’origine des problèmes dans le pays, en proie à l’anarchie. Le CGN a vigoureusement dénoncé le contenu de ce communiqué en estimant qu’il s’agissait d’"un coup d’État contre les institutions légitimes du pays", selon les propos de son président, Nouri Abusahmein, devant les députés. "Le Congrès a donné les instructions nécessaires pour prendre des mesures contre les auteurs de ce communiqué, a ajouté M. Abusahmein. Nous avons reçu les assurances de l’Armée et des thowars (ex-rebelles) qui ont promis de défendre le Congrès."

Le CGN fait face depuis fin janvier à un mouvement de contestation en raison de sa décision controversée de prolonger son mandat, qui devait initialement s’achever le 7 février. En fin d’après-midi, aucun mouvement de troupes n’avait été observé dans la capitale.

(Avec AFP)