Diplomatie

En visite au Mali, Mohammed VI s’impose dans le processus de réconciliation nationale

| Par Jeune Afrique
Le roi du Maroc, Mohammed VI.

Le roi du Maroc, Mohammed VI. © AFP

Le roi du Maroc a entamé mardi une visite officielle de cinq jours au Mali. Comme son grand rival algérien, le royaume chérifien entend lui aussi peser sur le processus malien de réconciliation nationale.

Mohammed VI, le roi du Maroc, a entamé mardi 18 février une visite officielle de cinq jours au Mali. Le souverain alaouite a été accueilli en fin d’après-midi à l’aéroport de Bamako par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Une salve de 21 coups de canon, réservée aux hôtes de marque, a salué l’arrivée du roi, acclamé par des milliers de personnes massées le long de la route entre l’aéroport et le centre-ville.

En six mois, c’est le deuxième voyage du roi du Maroc au Mali. Mohammed VI avait été invité d’honneur du nouveau président Keïta à sa cérémonie d’investiture du 19 septembre 2013 à Bamako, après son élection en août. Cette nouvelle visite se tient au moment où se déroulent à Bamako des réunions préparatoires à des négociations de paix avec les groupes armés du Nord-Mali, dont la rébellion du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Entretien avec Bilal Ag Chérif au Maroc

Avec l’accord du président Keïta, le roi Mohammed VI avait reçu en audience Bilal Ag Achérif, secrétaire général du MNLA, le 31 janvier. Le souverain avait alors incité le chef rebelle au dialogue avec le gouvernement malien, alors que son mouvement venait de claquer la porte d’une réunion « exploratoire » organisée à Alger avec les groupes armés du Nord-Mali.

Selon le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, « c’est à la demande personnelle du président malien que le roi a récemment reçu les responsables du MNLA, pour apaiser la situation. Nous ressentons déjà les résultats positifs de cette rencontre. Le Mali n’est la chasse gardée de personne, le roi est chez lui au Mali ».

Le Maroc entend disputer à l’Algérie, son rival historique, son rôle de médiateur traditionnel entre le pouvoir de Bamako et les rebelles touaregs. C’est à Alger qu’ont été conclus divers accords de paix avec de précédentes rébellions dans les années 1990 et 2000.

Coopération économique et religieuse

Bien qu’il ait quitté il y a trente ans l’Organisation de l’unité africaine (OUA), devenue Union africaine (UA), pour protester contre la reconnaissance par cette organisation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD, soutenue par l’Algérie), le royaume chérifien s’investit de plus en plus en Afrique subsaharienne et notamment au Mali. Ce pays, qui soutenait la RASD, s’est aujourd’hui rangé du côté du processus de l’ONU en faveur d’une solution consensuelle concernant l’avenir du Sahara occidental.

Le Maroc est un des principaux partenaires économiques du Mali, en particulier dans le secteurs des télécommunications et bancaire. Les deux pays sont liés par plusieurs accords de coopération et la visite du roi sera l’occasion d’en signer de nouveaux. Ce partenariat entre ces deux pays musulmans ne s’arrête cependant pas à l’économie. En septembre 2013, à Bamako, le roi Mohammed VI avait annoncé l’octroi de bourses à 500 Maliens, invités à venir au Maroc étudier un « islam de tolérance » pour devenir imams et contrer ainsi l’influence des islamistes radicaux au Mali.

(Avec AFP)

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