Politique

Cameroun : Atangana et Edzoa libres après dix-sept ans de prison

Photo prise le 19 février 2014 à Douala montrant le franco-camerounais Michel Thierry Atangana

Photo prise le 19 février 2014 à Douala montrant le franco-camerounais Michel Thierry Atangana © AFP

Détenu depuis 1997 au Cameroun pour une affaire de détournement de fonds publics, le Franco-Camerounais Michel Thierry Atangana a été libéré lundi en fin de soirée. La détention est également terminée pour Titus Edzoa, ancien secrétaire général de la présidence.

Il a été libéré dans la nuit et conduit à la résidence de l’ambassadrice de France au Cameroun. Après dix-sept longues années passées en prison, Michel Thierry Atangana, détenu pour une affaire de détournement de fonds publics qu’il a toujours nié, a retrouvé la liberté lundi 24 février en fin de soirée à Yaoundé grâce à un décret présidentiel de remises de peine.

Pour des raisons de sécurité avancées par l’ambassade de France au Cameroun, son avocat, Charles Tchoungang, n’a pas été autorisé à rencontrer son client. Il faut remonter au 18 février pour entrevoir les prémices de cette libération.

Un décret du président camerounais Paul Biya annonçait alors des remises de peines collectives, dont celle de Michel Thierry Atangana. Ce décret ordonnait « une remise totale de la peine restant à purger » pour les personnes condamnées pour détournement de fonds publics et « dont la détention a été supérieure à dix ans ».

Titus Edzoa également libéré

Détenu depuis 1997, Atangana, Français d’origine camerounaise âgé de 48 ans, avait été condamné de nouveau en 2012 à vingt ans de prison au Cameroun. Cette remise en liberté a mis fin à un long combat pour ce prisonnier qui a toujours nié les détournements de fonds publics dont il était accusé. L’affaire avait pris une tournure diplomatique, le président français François Hollande dénonçant en mai 2013 une durée de détention « inadmissible ».

Quelques mois plus tard, le Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU demandait aussi sa libération. « Paul Biya ne pouvait pas rester éternellement indifférent à ces appels », a commenté l’un des avocats français d’Atangana, Me Dominique Tricaud, qui avait saisi l’agence onusienne.

Michel Thierry Atangana avait été envoyé au Cameroun en 1994 par son employeur pour des projets routiers. La présidence camerounaise lui avait notamment confié la direction d’une structure de travaux publics. Mais en avril 1997, celui qu’on présente comme l’un de ses proches, Titus Edzoa – libéré lui aussi lundi soir selon son entourage – est arrêté.

« Des conditions inhumaines » de détention

Ce dernier a longtemps été l’un des personnages les plus puissants du régime de Paul Biya, à la tête du pays depuis 1982, avant de rompre avec le pouvoir et de déclarer sa candidature à la présidentielle. Michel Atangana sera arrêté dans la foulée.

Le Français est condamné une première fois à quinze ans de prison en octobre 1997 pour le détournement de 1,1 milliard de francs CFA (1,6 million d’euros) et la tentative de détournement de 59,4 milliards de francs CFA (90 millions d’euros).

Dans des conditions jugées scandaleuses par la défense, il est de nouveau condamné à vingt ans en octobre 2012. Une situation ubuesque pour ses avocats, qui dénonçaient deux condamnations pour les mêmes faits.

La peine avait été confirmée par la Cour suprême du Cameroun en décembre dernier, énonçant la même sanction pour Titus Edzoa. Dans son avis du 13 novembre 2013, le Haut Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU dénonçait « les conditions inhumaines » de détention de Michel Thierry Atangana et réclamait une « indemnisation » pour le préjudice subi.

 

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