Immigration

Espagne : plus de 200 clandestins franchissent la frontière à Melilla

La triple clôture de sécurité séparant Melilla du territoire marocain.

La triple clôture de sécurité séparant Melilla du territoire marocain. © AFP

Un groupe de 300 migrants subsahariens a lancé un nouvel assaut vendredi matin contre la triple clôture frontalière qui sépare l’enclave espagnole de Melilla du territoire marocain. Plus de 200 personnes ont réussi à franchir la frontière. Il s’agit du deuxième assaut du même type en moins d’une semaine.

Vendredi 28 février vers 6 heures du matin, plus de 300 candidats africains à l’immigration se sont massés sur le côté marocain de la triple clôture de séparation. Ils ont ensuite escaladé le grillage et ont été interceptés par la garde civile. Un gendarme espagnol a été blessé à la tête dans l’assaut.

D’après des témoins cités par la Radio nationale d’Espagne, plus de 250 migrants ont réussi à entrer en territoire espagnol, manifestant bruyamment leur joie et scandant "Ohé, ohé, ohé, viva España". Les clandestins, désorientés, n’ont pas hésité à arrêter des automobilistes pour demander leur chemin vers le centre d’hébergement temporaire (CETI) de Melilla, qui a annoncé dans la matinée de vendredi avoir accueilli 214 nouveaux sans-papiers et s’attend à de nouvelles arrivées.

Le cinquième assaut de l’année

La municipalité autonome de Melilla, enclavée en territoire marocain, subit depuis plusieurs mois une très forte pression migratoire. L’assaut de vendredi était le cinquième de l’année et le deuxième de la semaine. Il s’est conclu par l’arrivée d’immigrants subsahariens la plus massive depuis 2005. Lundi 24 février, environ 500 clandestins s’étaient attaqués à la triple clôture frontalière au même endroit, mais seuls 150 d’entre eux étaient parvenus à franchir la frontière. L’assaut avait été particulièrement violent selon les autorités marocaines, et 13 gendarmes avaient été blessés. Le 17 février, ils étaient 50 Subsahariens à réussir à passer en force côté espagnol. Le nombre d’assauts aux frontières de Ceuta et de Melilla a augmenté de 113% entre 2012 et 2013.

En conséquence de ces vagues d’arrivées de plus en plus importantes, les infrastructures d’accueil sont débordées. Le Ceti a annoncé accueillir désormais environ 1 300 sans-papiers, pour une capacité d’hébergement qui n’est que de 480 places. Les immigrants ont reçu à leur arrivée au centre un repas et des vêtements propres ; quelques blessés légers ont également reçu des soins. Après la tragédie de Ceuta, au cours de laquelle au moins 14 migrants avaient péri noyés, la garde civile s’est vu interdire l’utilisation de balles en caoutchouc pour repousser les assauts de candidats à l’immigration clandestine.

Au sein des autorités locales et de la population de Melilla, l’inquiétude monte face à cette recrudescence des arrivées illégales et parfois violentes. Jeudi 27 février, des responsables marocains ont attribué l’accroissement de la pression migratoire terrestre sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au renforcement des patrouilles des garde-côtes. Ces mesures ont considérablement réduit le nombre de traversées en bateau vers les îles Canaries ou à travers le détroit de Gibraltar.

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