Politique

Affaire Khaled Saïd : deux policiers égyptiens écopent de 10 ans de prison

Poursuivis pour le meurtre de Khaled Saïd, jeune blogueur devenu l’icône de la révolte qui renversa Hosni Moubarak début 2011, deux policiers égyptiens ont été condamnés lundi à dix ans de prison.

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Mis à jour le 3 mars 2014 à 12:59

Une femme proteste après la mort du jeune Khaled Saïd le 13 juin 2010 au Caire. © AFP

Ils purgeaient déjà leur peine depuis bientôt trois ans. Mahmoud Salah Mahmoud et Awad Ismaïl Souleimane, deux policiers égyptiens condamnés en octobre 2011 à sept ans de prison pour le meurtre du jeune blogueur Khaled Saïd, ont vu lundi 3 mars leur sentence être revue à la hausse. Désormais, les deux accusés écopent de 10 ans d’emprisonnement.

"Un signal de dissuasion"

"Toujours pas suffisant, selon les avocats de la famille du blogueur, mort à l’âge de 28 ans, qui réclamaient 15 ans de prison. Me Mahmoud Abderrahmane, un des avocats de la victime, a reconnu toutefois que "le verdict a rendu justice à tous et envoyé un signal de dissuasion à un appareil assez puissant, celui de la police : il montre que les responsables d’atteintes aux droits de l’Homme au sein de la police devront répondre de leurs actes".

Les deux policiers étaient notamment accusés d’avoir procédé à une arrestation arbitraire et pratiqué des actes de torture sur Khaled Saïd, arrêté dans un cybercafé d’Alexandrie, la deuxième ville d’Égypte sur la côte méditerranéenne, puis battu à mort. Le décès du jeune blogueur avait alors provoqué la colère des militants pro-démocratie sur Facebook. Une page intitulée "Nous sommes tous Khaled Saïd" avait été créée sur le réseau social à sa mémoire. Et c’est sur cette page qu’avait été lancé l’un des premiers appels à la révolte contre le régime de Hosni Moubarak, contraint à la démission en février 2011.

De son côté, l’avocat des deux accusés, Ehab Abdelaziz, a affirmé n’être pas satisfait du verdict, indiquant qu’il allait saisir la cour de cassation.

À l’extérieur, les parents des deux policiers condamnés ont dénoncé un verdict injuste après avoir été évacués de la salle d’audience pour l’annonce du verdict. Ils ont crié à l’adresse des policiers présents : "Vous avez vendu vos hommes !"

(Avec AFP)