Société

Homosexualité : l’Église anglicane ougandaise menace de se séparer de l’Église mère anglaise

L’Église anglicane d’Ouganda a fait savoir lundi qu’elle pourrait se séparer de l’Église mère d’Angleterre si celle-ci faisait pression surKampala  au sujet de la loi antihomosexualité qui vient d’y être promulguée.

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Mis à jour le 3 mars 2014 à 16:26

Manifestation sur le parvis de la cathédrale Saint-Paul de Londres. © DR

Va-t-on assister à un schisme au sein de l’Église anglicane ? La branche ougandaise a annoncé, lundi 3 mars, qu’elle envisageait de se séparer de l’Église-mère d’Angleterre si cette dernière prenait position contre l’Ouganda au sujet de la loi anti-homosexualité récemment ratifiée par le président Yoweri Museveni.

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"La question, c’est le respect de notre propre point de vue sur l’homosexualité, le mariage entre personnes du même sexe en tant que pays et en tant qu’Église", a expliqué la principale figure de l’Église anglicane ougandaise, l’archevêque Stanley Ntagali. "S’ils (l’Église d’Angleterre) ne veulent pas nous écouter, nous envisagerons d’êtres seuls", a-t-il ajouté.

S’ils ne veulent pas nous écouter, nous envisagerons d’êtres seuls

"Les pratiques homosexuelles sont incompatibles avec l’Écriture et personne à la direction de l’Église ne peut légitimer des unions de personnes de même sexe et l’homosexualité", explique encore Stanley Ntagali. "Notre porte est ouverte pour conseiller ceux qui sont désorientés sexuellement, les guérir, prier pour eux", a malgré tout poursuivi l’archevêque

"Des enfants de Dieu"

Le chef de l’Église anglicane, l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, avait adressé récemment une lettre ouverte, co-signée par l’archevêque anglican d’origine ougandaise John Sentamu, de la ville anglaise de York, aux dirigeants de l’Ouganda et du Nigeria, critiquant les législations réprimant l’homosexualité dans ces deux pays africains. "Nous assurons les homosexuels qu’ils sont des enfants de Dieu, aimés et appréciés de Lui et méritant le meilleur de ce que nous pouvons leur offrir", écrivait-il fin janvier.

"La victimisation ou la dévalorisation d’êtres humains dont les penchants se trouvent aller vers des gens du même sexe nous choquent [et] nous espérons que l’attention pastorale et l’amitié seront acceptées et inscrites dans les actes au nom de notre Seigneur Jésus", ajoutait le texte.

(Avec AFP)

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