Politique

« Biens mal acquis » : les juges français lèvent le mandat d’arrêt contre Teodorin Obiang

La justice française a levé le mandat d’arrêt international visant le vice-président équato-guinéen, a-t-on appris lundi de source judiciaire. Teodorin Obiang, qui est aussi le fils du président en place, était visé par cette procédure depuis mi-2012 dans l’affaire dite des « biens mal acquis ».

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Mis à jour le 25 mars 2014 à 08:37

Les juges français instruisant l’affaire des "bien mal acquis" ont levé le mandat d’arrêt international visant le vice-président équato-guinéen à la suite de sa mise en examen, le 18 mars, pour blanchiment de détournement de fonds publics, d’abus de biens sociaux et d’abus de confiance.

Cette mise en examen avait été notifiée à Teodorin Obiang lors d’une audition organisée par visioconférence au cours de laquelle il a refusé de répondre à des questions sur le fond du dossier, invoquant l’immunité dont il juge bénéficier en tant que vice-président.

Teodorin Obiang était visé par ce mandat d’arrêt international en raison de son refus, pendant l’été 2012, de répondre à une convocation, invoquant, déjà, une immunité de juridiction en raison de son statut.

Selon un de ses avocats, Emmanuel Marsigny, sur cette même base de l’immunité, Teodorin Obiang entend désormais saisir la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris d’une "requête sur la légalité de cette mise en examen".

Autre conseil du vice-président équato-guinéen, Jean-Marie Viala a expliqué avoir obtenu l’accord de son client pour une commission rogatoire internationale afin de mener cette audition et qu’en conséquence "le mandat d’arrêt avait été levé conformément à l’engagement des juges".

Un procès à "un horizon relativement bref"

Les magistrats financiers français enquêtent depuis décembre 2010 sur les conditions dans lesquelles trois chefs d’État africains – Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang de Guinée équatoriale et le défunt président gabonais Omar Bongo – ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier en France. Lors de leur enquête visant la fortune Obiang, les juges avaient notamment saisi en juillet 2012 un hôtel particulier de six étages, avenue Foch, dans le XVIe arrondissement de Paris, d’une valeur de 100 à 150 millions d’euros ainsiq eu des biens d’une très grande valeur, en février 2012.

>> Lire aussi : Ali Bongo Ondimba contre-attaque dans l’affaire des "biens mal acquis"

La mise en examen de Teodorin Obiang "rend le procès non seulement possible, mais légitime car contradictoire. Il est réaliste d’imaginer maintenant qu’il se tienne à un horizon relativement bref", avait réagi l’avocat William Bourdon, président de Sherpa, l’ONG à l’origine de l’enquête.

(Avec AFP)