Politique

Maroc : le refoulement de 15 réfugiés syriens « déçoit » le HCR

| Par Jeune Afrique
Des travailleurs de l'UNHCR à Damas le 13 février 2014.

Des travailleurs de l'UNHCR à Damas le 13 février 2014. © AFP

Le Maroc a refoulé 15 réfugiés syriens, embarqués sur un vol vers la Turquie. Le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) déplore cette décision, et exhorte le royaume a tenir sa promesse d’accorder une protection temporaire aux autres ressortissants de ce pays.

Le Maroc durcit le ton à l’égard des réfugiés syriens, reprochant à certains leur activisme politique présumé. Lundi, le haut commissariat aux réfugiés de l’ONU a déploré le refoulement de plusieurs d’entre eux par les autorités du royaume. "Ce matin, selon les informations que nous avons pu obtenir, sur un groupe de 21 personnes dont une dizaine d’enfants, 15 ont été envoyées par avion sur Istanbul", a déclaré la représentante du HCR au Maroc, Ursula Schulze-Aboubacar, précisant que les six autres – dont "une femme enceinte" – se trouvaient dans l’après-midi en "zone de transit" à l’aéroport de Casablanca.

"J’ai essayé de prendre contact avec les autorités, sans succès", ajoute-t-elle. Vendredi dernier, le ministère de l’Intérieur avait menacé d’expulser certains de ces réfugiés, accusés de "perturber les mosquées et les fidèles" en s’adonnant à la mendicité voire, selon certains médias, en tenant des "discours politiques". Au début du mois, le ministère des Habous et des Affaires islamiques avait adressé une première mise en garde, affirmant avoir "appris que des ressortissants syriens (…) se rendent dans certaines mosquées des grandes villes où ils tiennent des propos qui ne doivent pas être prononcés dans des lieux de culte".

Plus d’un millier de réfugiés syriens

Le HCR affirme avoir dénombré au total un peu plus d’un millier de réfugiés syriens, jusqu’en février dernier, date à laquelle il dit avoir arrêté les enregistrements après avoir obtenu de nouvelles assurances d’un programme spécifique imminent de régularisation pour les Syriens, et avec la "promesse", d’ici là, d’une "garantie du non-refoulement", explique Mme Schulze-Aboubacar. "C’est pour cela que le refoulement de ce matin me déçoit".

Selon le HCR, le groupe de 21 Syriens en question est entré au Maroc "il y a une semaine" via la frontière algérienne, "comme 90%" des réfugiés de ce pays, avant d’être appréhendé par la police à Saïdia (nord), ville frontalière sur la côte méditerranéenne. "Comme pour les autres, ils ont traversé de façon irrégulière. Mais dans le droit d’asile, cela ne les criminalise pas. Surtout, concernant les Syriens, on fait des demandes aux pays du monde entier au nom de la solidarité", a plaidé la responsable onusienne.

D’après des responsables d’ONG, sous couvert d’anonymat, plusieurs centaines de Syriens se trouveraient par ailleurs à proximité des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres entre l’Europe et l’Afrique, où ils tenteraient de rentrer à l’aide de faux documents d’identité marocains.

Plus généralement, "on demande aux pays d’être tolérants, de donner une protection temporaire jusqu’à ce que la situation s’améliore" en Syrie, a-t-elle fait valoir. À ce titre, elle a appelé les autorités du royaume à "fixer une date" pour la mise en œuvre de ce statut temporaire, évoquant divers délais au cours des derniers mois.

(Avec AFP)

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