Politique

RDC : une cinquantaine d’opposants mettent en garde Kabila contre un 3e mandat

Une cinquantaine d’élus congolais, majoritairement issus de l’UDPS, ont mis en garde jeudi le pouvoir contre « toute initiative » qui permettrait au président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat présidentiel.

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Mis à jour le 28 mars 2014 à 08:52

Joseph Kabila, à Kinshasa le 26 février 2014. © AFP

Ils sont une cinquantaine, principalement des élus de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), premier parti d’opposition, à s’opposer fermement à "toute initiative" qui permettrait au président Joseph Kabila de rester au pouvoir "au-delà de 2016", le terme de son deuxième et dernier mandat, selon la Constitution.

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Les élus UDPS, suivis par une dizaine de députés de petits partis de l’opposition et ses alliés, "exigent le respect des échéances, de la durée et du nombre des mandats dans l’organisation des élections et ce conformément aux dispositions pertinentes reprises à l’article 220 de la Constitution", a déclaré jeudi 27 mars le député Samy Badibanga (UDPS).

Mais "au lieu de préparer l’alternance démocratique dans le respect des règles de l’art", le pouvoir "fait de la résistance et voudrait expérimenter des formules périlleuses qui ont valeur d’usine à gaz", a-t-il ajouté.

Les députés de l’UDPS et leurs alliés "rejettent" aussi "toute idée d’organiser les élections provinciales au scrutin indirect", estimant qu’à terme l’objectif est de faire "élire le président de la république au scrutin indirect, d’instaurer un septennat et d’établir un système des mandats illimités".

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Vendredi dernier, la Majorité présidentielle avait indiqué qu’elle envisageait "sérieusement" un référendum pour modifier la Constitution pour changer le mode de scrutin des élections provinciales censées avoir lieu en 2015, tout en niant la moindre volonté de "comploter […] contre la Constitution".

Pour l’opposant Vital Kamerhe, chef de l’Union pour la nation congolaise (UNC), "cela servira de prétexte à une révision constitutionnelle plus large destinée à permettre au président Kabila de se maintenir au pouvoir".

Dans le même temps, le gouvernement congolais a décrété jeudi un deuil national de trois jours après la mort de 251 réfugiés congolais dans le naufrage d’un bateau sur le lac Albert, à la frontière entre l’Ouganda et la RDC, un des pires accidents de ces dernières années.

(Avec AFP)