Immigration

Manuel Valls et l’Afrique : de l’Intérieur à Matignon, la sécurité avant tout

Manuel Valls remplace Jean-Marc Ayrault comme Premier ministre. © AFP

C'est fait. Manuel Valls a été nommé en remplacement de Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre. Avec lui, en France, ce sont les thèmes de l'immigration et de la sécurité qui devraient trouver leur place à Matignon, y compris au sujet de l'Afrique, qu'il dit avoir connue à Évry.

Le 31 janvier 2014, Manuel Valls, désormais nouveau Premier ministre français en remplacement de Jean-Marc Ayrault, présentait son bilan en tant que ministre de l’Intérieur. D’un côté : des naturalisations et des régularisations en hausse. De l’autre, des expulsions et des chiffres qui le placent, en 2013, au niveau de Brice Hortefeux, qui occupait le poste en 2010. Une "fermeté indispensable", selon lui. Sa marque de fabrique, dont il ne s’est jamais caché, y compris lorsqu’il était étudiant en histoire à l’université Tolbiac, à Paris.

À l’époque, où ses condisciples se tournent vers François Mitterrand et rêvent des idéaux communistes, Manuel Valls, l’admirateur de Pierre-Mendès-France, choisit quant à lui vers Michel Rocard. Déjà, il est à la droite du socialisme. De ceux que beaucoup appelleront les "sociaux-traîtres". Ou pire.

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Le Manuel Valls de 2014 n’a pas changé. Aussi populaire dans l’opinion que dans les commissariats, il assume, sans trembler, cette étiquette de "Sarkozy de gauche". "J’ai pu rencontrer à Calais des Éthiopiens et des Somaliens et j’ai saisi l’ampleur de ces drames", expliquait-il ainsi à Jeune Afrique au sujet de l’immigration. "En même temps, un État doit se doter de règles et les appliquer. Si nous décidions de régulariser tout le monde, cela créerait un appel d’air insoutenable pour notre pays", concluait-il.

Avec l’Afrique, une relation très "sécurité"

Le nouveau Premier ministre explique entretenir deux relations avec l’Afrique. Familiale d’abord, par son grand-père maternel, qui a passé une bonne partie de sa vie en Sierra Leone. Électorale ensuite, à travers son mandat de maire d’Évry, en banlieue parisienne, jumelée avec Kayes, au Mali, Dakar et Nouakchott. "Au fond, l’Afrique et le Maghreb, je les ai surtout connus là", avoue-t-il.

Cependant, l’Afrique de Manuel Valls évoque surtout la place Beauvau, siège du ministère de l’Intérieur. Après s’être rendu au Maroc et en Algérie en juillet et octobre 2012, il effectue, en novembre 2013, une tournée sur le continent, s’arrêtant au Mali, en Mauritanie, au Sénégal et en Côte d’ivoire. Ses sujets : les filières jihadistes, dont il a travaillé au démantèlement en région parisienne, et la coopération en matière de sécurité. "Je répondrai évidemment toujours très positivement à vos demandes, notamment la formation des forces de sécurité", répondait-il ainsi à son homologue ivoirien, Hamed Bakayoko, le 16 novembre 2013.

Si les dossiers maliens et centrafricains occuperont forcément une partie de son agenda de Premier ministre, Manuel Valls ne devrait donc pas influencer outre mesure la politique africaine de Paris, tout comme Jean-Marc Ayrault, son prédécesseur. Il en gérera surtout les conséquences pour les Français, y compris de l’étranger.

Ibrahima Diawadoh N’Jim, l’Afrique à Matignon

L’Afrique ne sera pourtant pas absente de Matignon. Son proche collaborateur, Ibrahima Diawadoh N’Jim, a en effet déjà fait ses cartons en direction de la primature. Musulman, professeur d’arabe, né dans le Sahel mauritanien, l’ancien "chargé de mission Affaires réservées et Diversité" au ministère de l’Intérieur" a l’oreille du chef.

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Se rendant régulièrement en Mauritanie et au Sénégal, c’est bien lui qui devrait continuer à le conseiller sur le continent. Déjà, place Beauvau, il faisait profiter le Catalan de son important réseau ouest-africain, qu’il a notamment construit à travers son association "Solidarité Éducation en Afrique". "L’Afrique, que j’aime et que je connais, est un continent merveilleux par sa richesse humaine et par son génie", confiait le nouveau locataire de Matignon à Jeune Afrique. C’est un bon début.

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Par Mathieu OLIVIER

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