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Ouverture du sommet UE-Afrique à Bruxelles sur fond de tensions en Centrafrique

Un mini-sommet sur la Centrafrique ouvre ce mercredi le quatrième sommet UE-Afrique à Bruxelles, auquel participeront près de 80 dirigeants africains et européens jusqu’à jeudi.

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Mis à jour le 2 avril 2014 à 09:08

Lors du sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique, en décembre 2013 à Paris. © Reuters

La crise centrafricaine sera au coeur des débats ce mercredi 2 avril à Bruxelles. Un mini-sommet consacré à la Centrafrique y aura en effet lieu à 10h30 GMT, en ouverture du quatrième sommet UE-Afrique organisé dans la capitale belge jusqu’à jeudi. Cette réunion sera co-présidée par le président français François Hollande, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président Mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, dont le pays préside l’Union africaine (UA). La présidente de transition de Centrafrique, Catherine Samba Panza, doit également faire le point sur les besoins de son pays, tant en matière de sécurité et d’assistance humanitaire que pour reconstruire un embryon d’État.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, participera aussi à cette réunion qui s’inscrit dans la continuité d’un premier mini-sommet similaire en décembre à Paris. Les invités sont les mêmes : treize pays européens, dont l’Allemagne et le Royaume-Uni, et douze voisins africains, dont le Gabon et le Tchad.

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"Stopper les tueries"

L’urgence, selon une source européenne, sera d’oeuvrer à "stopper les tueries" qui ont repris sur place. Une cinquantaine de personnes sont mortes depuis ce week-end dans des affrontements opposant des miliciens anti-balaka et des pillards à des musulmans. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), ce regain de violences a poussé quelque 16 000 personnes à fuir leur foyer à Bangui depuis le début de la semaine dernière.

D’après François Hollande, la situation sécuritaire s’est "dégradée" et les musulmans sont "directement visés". À son arrivée à Bruxelles, Ban Ki-moon a aussi exprimé sa "profonde préoccupation pour la grave situation" sur place, et les "répercussions des combats et atrocités sur les civils". L’inquiétude internationale est encore montée d’un cran après l’implication dans ces violences de soldats tchadiens, qui ont tué au moins 24 personnes samedi à Bangui en tirant sur la foule. La force africaine Misca a affirmé qu’ils ripostaient à des attaques.

Face à cette situation tendue, l’UE s’est résolue mardi à lancer sa mission militaire Eufor-RCA, retardée par les atermoiements des États-Membres. Le déploiement de cette force d’un millier d’hommes pour sécuriser l’aéroport et certains quartiers de Bangui doit prendre toutefois plusieurs semaines.

Relance du partenariat UE-Afrique

Les participants au mini-sommet sur la Centrafrique rejoindront ensuite, à partir de 12h30 GMT, leurs homologues pour ouvrir les travaux du quatrième sommet UE-Afrique, dont la dernière édition s’était tenue en 2010 à Tripoli, à l’époque encore sous le régime de Mouammar Kadhafi.

Près de 80 dirigeants africains et européens y discuteront jusqu’à jeudi des moyens de relancer leur partenariat, plombé par l’instabilité en Afrique et en perte de vitesse face à la concurrence chinoise. Selon le président guinéen, Alpha Condé, ce sommet devra notamment faire passer le message que l’Afrique "a plus besoin de coopération économique et d’investissements que d’aide".

(Avec AFP)