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Liban : plus de un million de réfugiés syriens, le pays réclame une aide internationale

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Mis à jour le 4 avril 2014 à 10:36

Le Liban compte désormais plus de un million de réfugiés syriens sur son territoire. Une situation humanitaire catastrophique qui affecte également l’économie de ce petit pays pour lequel l’ONU a recommandé une aide internationale d’urgence.

La situation ne cesse de s’aggraver au Liban qui pâtit chaque jour un peu plus de la guerre en Syrie. Le nombre de réfugiés, pour la moitié des enfants, équivaut désormais à un quart de la population libanaise, et "le flux s’accélère", a souligné le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), dans un communiqué.

En Syrie, le conflit qui fait rage depuis trois ans a déjà fait plus de 150 000 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Et d’après l’ONU, 6,5 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur de la Syrie et quelque 2,6 millions ont fui le pays, s’installant principalement dans les États voisins.

Parmi ces derniers, c’est le Liban qui paie le plus lourd tribut, selon le HCR qui déplore "un record désastreux aggravé par des ressources qui s’épuisent rapidement et une communauté hôte proche du point de rupture".

Un nouveau réfugié par minute

Le HCR au Liban enregistre "quotidiennement 2 500 nouveaux réfugiés, soit plus d’une personne par minute".

Yehia, un jeune homme de 18 ans originaire de la ville syrienne de Homs, a été le millionième réfugié à s’être enregistré dans le pays.

Selon le HCR, quelque 80 000 réfugiés nécessitent d’urgence des soins de santé, tandis que plus de 650 000 bénéficient d’une aide alimentaire mensuelle pour survivre.

"Le Liban accueille la plus importante concentration de réfugiés de toute l’histoire récente. Nous ne pouvons pas le laisser porter seul cette charge", a affirmé le chef du HCR, Antonio Guterres.

L’impact sur le Liban – en proie à des crises politiques à répétition et des conflits armés ponctuels depuis la fin de la guerre civile (1975-1990)- est "immense", selon le HCR.

Tout d’abord, d’un point de vue économique, avec "un déclin du commerce, du tourisme et des investissements et une augmentation des dépenses publiques".

D’après la Banque mondiale, la crise syrienne a coûté au Liban 2,5 milliards de dollars en perte d’activité en 2013 et menace de faire basculer 170.000 Libanais dans la pauvreté d’ici fin 2014.

Le Liban alerte la communauté internationale

Parallèlement, alors que les services de base -électricité, eau, systèmes d’égouts, etc.- présentaient déjà d’importantes carences, ils sont mis à rude épreuve avec l’afflux de réfugiés, tout comme les hôpitaux, débordés, et les écoles, selon l’ONU.

Les enfants représentent "la moitié de la population syrienne réfugiée" et "le nombre d’enfants en âge d’être scolarisés dépasse désormais 400 000, éclipsant celui des enfants libanais dans les écoles publiques", a expliqué le HCR. Les écoles libanaises en accueillent plus de 100 000, une partie des autres enfants travaillent.

Parallèlement, en raison de l’augmentation de la main-d’œuvre, "les salaires s’effondrent et les familles luttent pour joindre les deux bouts", selon le HCR.
Pour Antonio Guterres, soutenir le Liban est "indispensable pour stopper la dégradation continue de la paix et de la sécurité dans cette société fragile".

Alors que l’ONU avait lancé un appel de fonds de 1,89 milliards de dollars pour 2014 pour ce pays, seuls 242 millions USD (13% du total) ont été reçus, ce qui peut avoir "des conséquences désastreuses", a noté l’organisation.

Le ministre libanais des Affaires sociales, Rachid Derbés, a lui aussi appelé "la communauté internationale à partager ce fardeau sans précédent avec le Liban, avant que cette situation explosive ne prenne des proportions mondiales".

(Avec AFP)