Politique

Comment la Côte d’Ivoire se prépare à l’arrivée du virus Ebola

Des médecins de MSF près d'une tente d'isolement en Guinée, à Gueckedou, le 31 mars 2014.

Des médecins de MSF près d'une tente d'isolement en Guinée, à Gueckedou, le 31 mars 2014. © AFP

Après la Guinée, le Liberia, la Sierra Leone et plus récemment le Mali, la Côte d’Ivoire redoute de voir apparaître sur son territoire des cas de fièvre hémorragique Ebola. Les autorités sont à pied d’oeuvre.

Si la Côte d’Ivoire n’a officiellement pas été touchée par l’épidémie de fièvre d’Ebola, le pays redoute chaque jour un peu plus une flambée de fièvre hémorragique. Pour l’instant, la rumeur a fait état de 5 cas, non confirmés par les autorités sanitaires. Pour vérifier les informations en provenance du terrain, une équipe d’experts est en place à l’Institut national d’hygiène publique (INHP).

"Tous les pays frontaliers de la Guinée [pays où la fièvre a déjà tué 86 personnes depuis janvier, NDLR] font face à la menace, et la Côte d’Ivoire met aussi en place son dispositif", explique le Dr Daouda Coulibaly, chef du service de Surveillance épidémiologique de l’INHP.

"La surveillance épidémiologique a été renforcée aux frontières et sur toute l’étendue du territoire national", tient-il à rassurer. Concrètement, de quoi s’agit-il ? Des postes de coordination avancés ont été installés à Man (Ouest), Odienné (Nord-Ouest), San-Pedro (Sud-Ouest), Guiglo (Ouest). Ils sont pilotés par les autorités préfectorales, qui émettent quotidiennement un "bulletin d’informations régional" aux autorités nationales. La ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida, Dr Raymonde Goudou Coffie, avait d’ailleurs prévu de les visiter, vendredi 4 avril.

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Phase préparatoire

"Nous sommes dans une phase préparatoire : on veut prévenir la transmission du virus, et on se prépare à freiner la propagation de la fièvre chez nous", reprend l’épidémiologiste en chef de l’INHP. Les commerçants qui participent aux marchés hebdomadaires dans les localités le long de la zone frontalière avec la Guinée ont ainsi été interdits de sortie du pays et les marchés concernés ont été fermés. Des affiches détaillant les mesures de précautions à prendre – surtout pour les voyageurs en provenance de Guinée – ont été placardées à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, ainsi que dans les gares routières et ferroviaires…

"Avec l’appui des partenaires du système sanitaire (OMS, MSF, CDC, Unicef…), la Côte d’Ivoire se donne les moyens pour pouvoir faire face à l’épidémie, pour l’endiguer rapidement si elle apparaît", explique Daouda Coulibaly. Les populations locales ont aussi été mises à contribution. Selon Glaho Diomande, maire de Sipilou, dans la région du Tonpki (Man, à 740 Km d’Abidjan), "des consignes ont été données au cours de réunions avec les autorités pour signaler tout nouvel arrivant en provenance de Guinée. Des jeunes ont été déployés le long des corridors routiers afin d’empêcher toute personne suspecte d’avoir accès au territoire ivoirien."

>> Voir notre carte interactive "Ebola et l’Afrique, près de 40 ans d’épidémies" :

"Il faut absolument éviter la consommation de la viande de brousse, ajoute le Dr Coulibaly, qui ne veut pas non plus alarmer les populations. "Mais il ne faut pas céder à la panique : la Côte d’Ivoire n’a jamais connu de cas d’épidémie de fièvre d’Ebola", avance-t-il. Mais l’argument semble fragile : avant 2014, les autres pays de la sous-région, eux aussi, n’avaient jamais été touchés…

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Par Issiaka N’Guessan, à Abidjan

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