Économie

Burundi : Tanganyika Bluebay Resort, luxueux et… écolo

Au Burundi, le Tanganyika Bluebay Resort est un complexe hôtelier uniquement construit avec des matériaux locaux. À la fois luxueux et écolo, c’est un modèle à suivre en matière de tourisme durable.

Mis à jour le 3 octobre 2013 à 10:13

Situé au bord du lac Tanganyika, l’hôtel dispose d’une plage et propose des activités nautiques. © Tanganyika Bluebay Resort

À une heure de route au sud de Bujumbura, Kagongo est une petite localité située près de Rumonge, dans la province de Bururi. Elle passerait totalement inaperçue si elle n’était baignée par le lac Tanganyika. Et surtout si un entrepreneur burundais, Fred-Bosco Nimubona, n’avait décidé d’y construire le Tanganyika Bluebay Resort, un complexe hôtelier qui se distingue par son originalité architecturale et son engagement en faveur de l’environnement.

Dans le décor, des paillotes de forme conique coiffées de chaume, des tables en bois d’eucalyptus.

Tous les matériaux sont locaux

Le lac, lors de notre visite, ne cesse de rugir. Ses ressacs sont impressionnants. Une brise envahit la plage, très propre, où ont été plantés des cocotiers, des palmiers, des mandariniers, des bananiers et des eucalyptus.

Dans le décor, des paillotes de forme conique coiffées de chaume, des chaises en bambou et en osier, des sièges en peau de vache, des tables en bois d’eucalyptus. Sur la plage, des canots, des kayaks et un petit yacht au repos. Un peu plus loin, les bungalows où sont logés les clients de l’hôtel. Tous les matériaux, du lit aux rideaux en passant par le plancher, sont locaux.

Écologique

L’aventure a commencé à l’aube des années 2000. À l’époque, Fred-Bosco Nimubona, diplômé en commerce international à l’académie Plekhanov de Moscou, vit au Kenya, où il loue des avions. L’homme d’affaires pressent l’énorme potentiel touristique des rives du lac Tanganyika, dans son pays natal. En 2004, il rentre au Burundi et se met à la recherche du site idéal. Il jette son dévolu sur Kagongo en 2005 et y achète un terrain de cinq hectares. Le temps de reloger les paysans du coin, et les travaux de construction du complexe démarrent en juin 2009.

Les constructeurs sont les habitants des collines environnantes, encadrés par des ingénieurs et des architectes ougandais. « L’objectif était la valorisation des matériaux locaux : réaliser un mariage entre les pierres, le bois et le chaume de mon pays. J’étais sûr que les Burundais comme les touristes allaient comprendre qu’on peut proposer un produit écologique à partir de nos matériaux, sans détruire la nature mais au contraire en intégrant le projet dans l’environnement », explique Nimubona, qui se dit satisfait d’avoir réalisé « quelque chose d’unique » pour son pays. Coût de l’investissement : 2 millions de dollars, prêtés par une banque locale.

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Pétanque et badminton

L’ouverture de l’hôtel a permis de lancer un tourisme fondé sur le développement communautaire. Des familles vivant dans les environs profitent de l’électricité et diversifient leurs activités. Au Tanganyika Bluebay, la cuisine n’est pas gastronomique. Elle est, au contraire, très simple, bio, sans huile ni graisses. Fervent défenseur de la nature – il a reçu en 2010 un prix de l’Action ceinture verte pour l’environnement -, Nimubona a mis en place un système d’épandage pour éviter que les eaux usagées ne soient déversées dans le lac. Chaque matin, la plage est nettoyée. On peut y jouer au beach-volley, au beach-soccer, à la pétanque ou au badminton.

Dans la deuxième phase de l’expansion de l’hôtel, qui doit passer de 20 à 40 chambres, de la plongée et du ski nautique seront proposés aux touristes. Ils sont de plus en plus nombreux, aussi bien d’autres Burundais que des Africains, des Européens, des Américains… « La plupart de mes clients se disent enchantés de leur séjour. Cet espace est devenu une destination incontournable. Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas un seul instant », se félicite Fred-Bosco Nimubona. Seul propriétaire pour le moment, il envisage de vendre quelques actions pour avoir des partenaires. Et croit fermement que ce type d’activité favorisera le développement économique de la région.