Politique

Chems-Eddine Hafiz (CFCM) : « Une voix religieuse est nécessaire dans le plan anti-jihad »

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Me Chems-Eddine Hafiz, vice-président du CFCM, dans les locaux de Jeune Afrique en décembre 2010.

Me Chems-Eddine Hafiz, vice-président du CFCM, dans les locaux de Jeune Afrique en décembre 2010. © Jacques Torregano/Fédéphoto pour JA

Le vice-président du Centre français du culte musulman (CFCM), l’avocat Chems-Eddine Hafiz, réagit au plan de lutte contre les filières jihadistes annoncé par le gouvernement français. Interview.

Le gouvernement français a adopté mercredi 23 avril un plan de prévention et de lutte contre les filières jihadistes. L’État prévoit notamment de mettre en place une cyber-patrouille, un centre d’écoute ainsi qu’un numéro vert à destination des familles dont les enfants se sont radicalisés. L’occasion pour Chems-Eddine Hafiz, vice-président du Centre français du culte musulman (CFCM) de rappeler le rôle capital que doivent jouer les instances musulmanes dans ce plan anti-jihad.

Jeune Afrique : Que pensez-vous du plan anti-jihad adopté par le gouvernement français ?

Chems-Eddine Hafiz : Nous soutenons ce plan et nous sommes favorables au combat contre toutes les formes d’extrémisme qui ternissent l’image de l’islam. Maintenant, je crains la récupération politique, ce plan ne doit pas être utilisé comme un objet d’instrumentalisation pour stigmatiser les jeunes musulmans de France. Il ne faut pas oublier que la plupart des jihadistes qui partent en Syrie sont athés d’origine et que cela reste un phénomène marginal.

Comptez-vous collaborer avec le ministère sur le plan gouvernemental ?

Il va y avoir des rencontres entre le ministre et le CFCM. Pour ce plan, le gouvernement a besoin d’imams qui possèdent une véritable maitrise de la théologie. Maintenant, il faudrait qu’il y ait un véritable travail de sélection pour choisir ces imams. Je me bats depuis plusieurs années pour qu’on mette en place des centres de formation en France pour éviter que des imams auto-proclamés se mettent à raconter n’importe quoi au nom de la religion. Si le ministère de l’Intérieur s’interdit une collaboration avec les instances musulmanes, il fera une erreur. Une voix religieuse est nécessaire dans ce plan anti-jihad.

Al-Qaïda, ce n’est pas une dérive sectaire, c’est une organisation criminelle.

On vous a souvent reproché votre silence par rapport au départ de ces jeunes pour la Syrie. Que répondez-vous ?

Ce n’est parce qu’on est timoré ou frileux sur cette question du jihadisme en Syrie. Seulement, on n’a pas les codes nécessaires pour s’exprimer devant les médias. C’est une erreur. Si on avait eu les moyens on aurait employé quelqu’un pour notre communication.

Pensez-vous que les jeunes qui partent en Syrie sont victimes de dérive sectaire, comme le pensent certains chercheurs ?

Je ne dirai pas que c’est une dérive sectaire parce qu’une secte se base sur une formulation religieuse, pour moi cette violence n’a rien à voir avec la religion musulmane. Ce sont des jeunes en déperdition qui prennent des initiatives sans aucun fondement religieux. Al-Qaïda, ce n’est pas une dérive sectaire, c’est une organisation criminelle.

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Propos recueillis par Stéphanie Plasse

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