Diplomatie

John Kerry : « Le processus constitutionnel doit être respecté » en RDC

| Par Jeune Afrique
John Kerry et Joseph Kabila, le 4 mai 2014 à Kinshasa.

John Kerry et Joseph Kabila, le 4 mai 2014 à Kinshasa. © AFP

En visite à Kinshasa, le secrétaire d’État américain John Kerry a exhorté dimanche Joseph Kabila, le président congolais, à ne pas briguer un nouveau mandat en 2016, comme le prévoit la Constitution actuelle de la RDC.

"Touche pas à l’article 220". Cet appel des partis politiques d’opposition en RDC a été repris en substance, le 4 mai, par John Kerry, lors de sa visite à Kinshasa. Le secrétaire d’État américain a en effet demandé au président congolais, Joseph Kabila, de quitter le pouvoir à la fin de 2016 comme le prévoit la Constitution.

Une prise de position qui intervient au moment où certains cadres de la majorité au pouvoir soutiennent l’hypothèse d’un troisième mandat de Joseph Kabila afin de "continuer la modernisation du pays". Des stratégies pour modifier ou changer la Constitution pour permettre au président de briguer un nouveau mandat en 2016 sont en effet en cours d’élaboration par le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la principale formation politique de la majorité.

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"Nous ne voulons pas que Joseph Kabila change la Constitution"

Lors de son entretien avec le président congolais, John Kerry a tenu à faire savoir au président congolais que "les États-Unis d’Amérique sont intimement convaincus […] que le processus constitutionnel doit être respecté". "Nous ne voulons pas que Joseph Kabila change la Constitution ou fasse un troisième mandat", a ajouté devant la presse Russell Feungold, l’envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs.

>> À lire : RDC – Burundi : quand Washington joue au sherfs constitutionnel

Le message des émissaires américains a-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr. Sur le site internet de la présidence de la RDC, on se contente de souligner que "les États-Unis saluent les réalisations en RDC sur les plans politiques, sécuritaire et économique". Silence radio sur la position américaine au sujet de l’éventuel troisième mandat de Joseph Kabila.

Plusieurs diplomates et spécialistes estiment néanmoins que le président congolais n’a pas encore arrêté son choix pour 2016, et que, à défaut de se représenter, il envisage de lâcher les rênes du pouvoir à condition d’avoir obtenu de solides garanties sur son avenir.

Joseph Kabila "est un homme jeune [42 ans] qui dispose encore d’un temps considérable pour apporter sa contribution à son pays", a estimé John Kerry. Et pour les élections à venir en 2016, auxquelles Joseph Kabila est encouragé à ne pas se représenter, Russell Feingold invite la communauté internationale à ne pas répéter l’erreur de 2011, en apportant suffisamment tôt sa contribution pour l’organisation des scrutins.

"Aide supplémentaire"

En signe de l’"engagement" des États-Unis, John Kerry a annoncé le déblocage immédiat de "30 millions de dollars de financement supplémentaires destinés à soutenir des élections transparentes et crédibles de même que des programmes de reconstruction dans l’est du Congo". Ces financements de Washington sont destinés "aux élections et à la stabilisation de l’Est sans conditions" et la majeure partie des 30 millions iront "aux ONG internationales et locales", a précisé un diplomate du département d’État.

Par ailleurs, le secrétaire d’État américain a réclamé un calendrier électoral "fixé et parfaitement défini", au "plus tôt". Il a plaidé pour des "élections libres, équitables, dans les temps et transparentes" et a rencontré aussi des responsables de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

John Kerry a quitté Kinshasa à la mi-journée pour Luanda, dernière étape de sa première tournée africaine.

"Je ne retiens que du positif" de cette visite, a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, sur la télévision publique, soulignant néanmoins que John Kerry ne pouvait "naturellement […] pas donner d’injonction à notre président".

(Avec AFP)

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