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Afrique du Sud : les premières tendances donnent l’ANC vainqueur mais en retrait

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Jacob Zuma vote lors des élections législatives, le 7 mai dans le village de Nkandla.

Jacob Zuma vote lors des élections législatives, le 7 mai dans le village de Nkandla. © AFP

Sans surprise, les premières tendances des élections générales du 7 mai en Afrique du Sud donnent l’ANC de Jacob Zuma en tête. Avec environ 60% des voix, le parti de Nelson Mandela semble néanmoins en retrait par rapport au précédent scrutin de 2009.

Alors que les sondages lui donnaient avant le vote environ 60% des suffrages, l’ANC plafonne à 58,9% des voix après le dépouillement d’un peu plus de 30% des bulletins, contre un score de 66,9% aux précédentes législatives de 2009. Mais le décompte dans les zones rurales, traditionnellement favorables au parti de Nelson Mandela, arrivent généralement à la fin.

Sans surprise, l’ANC devrait donc être majoritaire dans les deux chambres du Parlement et Jacob Zuma être réélu sans difficulté par l’Assemblée nationale le 21 mai pour un deuxième mandat de cinq ans. Cela en dépit de la forte grogne sociale dans le pays, due aux difficultés économiques, au chômage et aux nombreux scandales de corruption auxquels est lié le parti majoritaire. Le massacre de la mine de Marikana, lorsque la police a ouvert le feu sur des grévistes en août 2012, faisant 34 morts, reste également dans les esprits.

Malema fait flop

Deuxième parti derrière l’ANC, l’Alliance Démocratique (DA), semble confirmer sn statut de principal parti d’opposition en constante progression au-delà de la barre des 20%. Les résultats jeudi matin à 7h30 (05h30 GMT) lui donnaient 27,4% des voix. Le nouveau parti, radical et hyper-populiste, de Julius Malema, les Combattants de la liberté économique (EFF), était quant à lui en troisième position avec 4,2% et ne paraissait pas en mesure de créer une quelconque surprise ni d’inquiéter les partis dominants.

>> Lire notre dossier Élections en Afrique du Sud : les vieux briscards et les jeunes loups

Ces élections, les premières depuis la mort de Mandela le 5 décembre 2013, ont suscité une forte participation. Plusieurs explications à cela : l’ANC a beaucoup joué dans sa campagne sur le "vote-hommage" à Madiba et sur l’anniversaire des 20 ans de son arrivée au pouvoir en tant que premier président noir de l’Afrique du Sud, au terme des premières élections multiraciales libres d’avril 1994.

La génération des "born free"

Autre explication : le scrutin était aussi le premier auquel ont pris part les jeunes nés après la chute du régime ségrégationniste de l’apartheid en 1993-1994, la génération des "born free" ("nés libres"). Et parmi ces derniers, la fidélité à l’ANC est encore souvent la règle, comme à Soweto. "J’ai voté ANC parce que c’est eux qui ont fourni la majorité des gens qui ont sacrifié leur vie pour la liberté, qui sont allés en prison et qui ont œuvré sans relâche pour libérer notre pays", explique Katlego Mafereka, un étudiant en finances de 19 ans.

Mais les violences urbaines quasi-quotidiennes dans le pays prouvent que le parti au pouvoir ne bénéficie plus depuis longtemps d’aucun état de grâce. La lutte contre le chômage sera le principal défi du prochain gouvernement, avec quatre Sud-Africains sur dix à la recherche d’un emploi, sans compter les millions de gens qui ont renoncé à s’inscrire dans les statistiques du chômage.

(Avec AFP)

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