Santé

Kenya : 80 morts après la consommation d’alcool frelaté

| Par Jeune Afrique
Des hommes consomment de l’alcool dans le bidonville de Mathare le 27 juin 2013 à Nairobi.

Des hommes consomment de l'alcool dans le bidonville de Mathare le 27 juin 2013 à Nairobi. © AFP

80 personnes sont mortes depuis lundi dans plusieurs localités du Kenya après avoir bu de l’alcool frelaté.180 personnes restent toujours hospitalisées.

Environ 80 personnes ont trouvé la mort dans plusieurs régions du Kenya depuis lundi 5 avril en consommant de l’alcool frelaté. Selon le ministère de  l’Intérieur, 180 personnes sont toujours hospitalisées. Des "échantillons de l’alcool mortel ont été saisis (…) pour analyses" et deux personnes suspectées d’avoir vendu l’alcool en question, ont été mises aux arrêts.

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"L’enquête se poursuit pour découvrir l’origine des boissons", a déclaré le Centre kényan de gestion des catastrophes (NDOC).

35 morts ont été enregistrés à Embu, une ville au nord-est de Nairobi. "Nous ne savons toujours pas ce que contenait ce que (les victimes) ont consommé", a déclaré le docteur Gerald Ndiritu, responsable de l’hôpital de cette localité.

Quant au docteur Dr John Kariuki, médecin hospitalier qui officie à Kiambu, à une quinzaine de kilomètres au nord de Nairobi, il dit traiter les patients pour un empoisonnement au méthanol, alcool très toxique connu pour ses effets dévastateurs sur le corps humain."Ceux qui sont arrivés se plaignaient d’intenses douleurs abdominales, vomissaient et avaient des troubles de la vision", a-t-il déclaré.

Situées au nord, à l’est et au sud-est de Nairobi, une centaine de kilomètres séparent les localités concernées par ces intoxications. En plus des 35 morts de Embu, les chiffres donnés par le NDOC font état de 20 morts à Kiambu, 18 à Makueni situé à environ 180 km au sud-est de Nairobi et sept à  Kitui qui se trouve  à 180 km à l’est de la capitale.

"Intensifier la lutte"

Les autorités Kenyannes veulent déterminer la provenance exacte de l’alcool pour savoir s’il s’agit du même qui a fait toutes ces victimes.

"Nous essayons de déterminer l’origine de cet alcool. L’enquête est en cours pour déterminer où et comment il a été préparé", avait indiqué lundi, Zipporah Mboroki, une porte-parole de la police.

L’alcool artisanal fait à base de maïs fermenté ou de sorgho, vendu moins cher et illégal, est très prisé dans les quartiers pauvres. Cette clientèle de masse pousse parfois ses producteurs à ajouter du méthanol ou d’autres produits toxiques pour augmenter le taux d’alcool.

Le gouvernement a attiré l’attention de la population sur l’importance d’"éviter de consommer des spiritueux frauduleux car des producteurs peu scrupuleux en quête de profits mélangent à leurs boissons des produits chimiques mortels" et a appelé la police à "intensifier la lutte" contre les brasseries qui frelatent les boissons alcooliques, un comportement  »passible de cinq ans de prison ».

Au Kenya, entre 2000 et 2005, environ 200 personnes qui avaient consommé de l’alcool frelaté sont mortes et plus de 500 autres ont été hospitalisées.

(Avec AFP)
 

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