Politique

Enlèvement des lycéennes nigérianes : l’armée était prévenue avant l’attaque, selon Amnesty

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Mis à jour le 9 mai 2014 à 17:21

Amnesty International a accusé vendredi l’armée nigériane de n’avoir pas pris les dispositions nécessaires pour empêcher l’enlèvement des lycéennes par Boko Haram, alors qu’elle était prévenue de « l’attaque imminente » du groupe islamique dans la ville de Chibok.

L’armée nigériane était-elle au courant de l’imminence de l’attaque de Boko Haram qui a débouché sur l’enlèvement, mi-avril, de plus de 200 lycéennes à Chibok, dans le nord-est du pays ? Pour Amnesty International, la réponse est oui.

"L’armée avait été prévenue (..), mais n’a pris aucune mesure immédiate", a dénoncé vendredi 9 mai l’ONG des droits humains, qui dit avoir recuelli des "témoignages accablants" qui révèlent que "les forces de l’ordre nigérianes n’ont pas réagi aux avertissements qu’elles ont reçus à propos d’une possible attaque armée de Boko Haram contre le pensionnat du lycée public de Chibok qui a mené à cet enlèvement".

Amnesty dit tenir ses informations de "sources crédibles". "Nous avons eu la confirmation (…) que le quartier général de l’armée à Maiduguri a été prévenu d’une attaque imminente peu après 19 heures le 14 avril, soit près de quatre heures avant que Boko Haram ne lance son attaque dans la ville de Chibok, dans l’État de Borno", soutient l’ONG dans un communiqué.

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"Peur d’affronter les islamistes mieux équipés"

"Mais l’armée n’a pas pu rassembler les troupes nécessaires pour stopper cette attaque, à cause des faibles ressources dont elle dispose et de peur d’affronter les groupes armés (islamistes) souvent mieux équipés", selon Amnesty. "Les 17 soldats basés à Chibok ont été dépassés par les assaillants et ont dû battre en retraite", poursuit l’organisation de défense des droits de l’Homme basée à Londres.

"Le fait que les forces de l’ordre nigérianes aient été au courant de l’attaque imminente de Boko Haram mais qu’elles n’aient pas été en mesure de réagir immédiatement pour l’empêcher ne va faire qu’amplifier l’indignation nationale et internationale face à ce crime odieux", a pour sa part affirmé Netsanet Belay, responsable de la section Afrique d’Amnesty International.

(Avec AFP)